*se retrousse les manches et fait craquer ses doigts*
Okane ga nai!, ou No money en anglais mais choisi comme titre pour la sortie en France (snif), est un manga yaoi (oui, je reviens à mes premières amours) sorti cet été chez Asuka, et est pour une fois une série de plusieurs volumes encore en cours au Japon à mes dernières nouvelles (pas fraîches). Chose rare pour un manga, mais pas pour un manga yaoi (Rin!) il est réalisé à quatre mains, par Tohru Kousaka et Hitoyo Shinozaki, Tohru Kousaka se chargeant de la partie dessin et qu’elle dessine vachement bien quand même.
…
Je sens que je risque de me faire défenestrer par des fangirls en furie avant la fin de ma critique, mais continuons. Donc je critique ce manga avant la sortie de tous les volumes qui la composent en France, mais je pense avoir assez de recul (et avoir assez lu de scans dans mes jeunes années) pour me faire un apriori assez juste de ce qui va suivre. Mais attention, pas de spoilers, juste de simples et vagues allusions suffisent, de toute façon je suis sûre que quasiment tout le monde a déjà lu le scantrad, tellement cette série est devenue populaire via Internet et est devenue une référence pour pas mal de yaoistes. On aime ou on n’aime pas, mais la série ne laisse en tout cas pas indifférent. Je m’explique :

Oui, le jeune garçon sur la couverture est le uke qui s’appelle Ayase. Non, il n’a pas 12 ans, il en a 18 et va à la fac. De quoi? Ca ressemble à du shota? Mais non voyons, puisqu’on vous dit que le héros a 18 ans! Il faut vraiment être de mauvaise foi pour prétendre le contraire!
Bref, ce qui se remarque en premier et ce dès la couverture, c’est la jeunesse et la fragilité du uke, qui paraît avoir 10 ans, au mieux 12. Ca ressemble à du shotacon (relations amoureuses et sexuelles avec des enfants et des jeunes adolescents, entre eux ou avec un adulte comme c’est le cas ici), ça a le goût et l’odeur du jeune uke qui vient de naître shotacon, mais l’auteur nous spécifie que ce n’est pas du shotacon… Et là je m’interroge : comment Asuka a pu sortir ce manga sans aucun problème alors que la législation n’est pas si tendre pour la représentation d’enfants et assimilés dans une œuvre franchement limite (ayé, je suis devenue une grave déviante)? Ça fait toujours un choc quand on achète le vrai manga avec de l’encre dessus, même si on a passé du temps à mater les scans sur Internet.
L’impression de shotaconnitude du uke est renforcée quand il est à côté de “son” seme, Kanou, qui fait sa grosse armoire à glace et n’est pas vraiment fin pour deux sous à la fois sur le plan physique et intellectuel, même si il est très intelligent. En gros, le seme, qui appartient à la mafia et n’hésite pas à réduire en quasi-esclavage ses clients qui ne parviennent pas à rembourser les sommes qu’il leur a “gentiment” versées, se comporte au départ comme une grosse brute envers Ayase et n’a pas volé son titre de seme connard, en plus d’être un obsédé fini (je vous avais bien dit que ça commençait bien).
Ouais, c’est un couple super bien assorti que nous propose au départ ce manga, tout en finesse en douceur, à peu près comme un char d’assaut qui viendrait sauver une espèce animale fragile en voie de disparition de dangereux bandits qui veulent lui faire des misères, car c’est à peu près ce qu’il se passe : Kanou vient sauver Ayase d’une vente aux enchères portant sur le corps d’Ayase en proposant au vendeur une très grosse somme d’argent. Mais une fois arrivés chez Kanou, Ayase qui se réveille n’a aucun souvenir de Kanou, alors que celui-ci se souvient très bien d’Ayase à cause d’un truc gentil qu’Ayase aurait fait pour le sauver alors que Kanou était dans la panade (enfin, on suppose). Kanou, qui se rend compte qu’Ayase ne se souvient pas de lui et ne se comporte pas du tout comme prévu, a une réaction originale : puisque c’est le cousin d’Ayase qui a piqué des sous à Kanou avant de vendre Ayase pour rembourser la dette et que Kanou en a versé en plus pour racheter Ayase, Ayase n’a qu’à lui vendre son corps pour payer les millions qu’il doit à Kanou, sachant que chaque acte sexuel est facturé 500000 yen (ayé vous suivez?). Oubliées, les prétentions philanthropiques, vive le seme bulldozer, qui viole le pauvre Ayase sans vergogne (je me demande comment ça rentre, vous savez, la chandelle là, le pauvre Ayase n’a pas des hanches extensibles). Le plus étonnant est qu’il est surpris quand Ayase veut l’éviter par la suite et qu’il ne coopère pas du tout… Bizarre, hein?
Mais bon, nous sommes dans un manga yaoi, alors tout s’arrange (ou presque) par la suite : Kanou apprend à apprivoiser Ayase avec plus ou moins de bonheur, Ayase se rend compte que tout compte fait il est bien là où il est et qu’il aime Kanou (je me demande comment il fait, franchement, avec un mec qui se comporte comme un ours, peut-être la doublepensée? Ayé, j’ai réussi à placer une référence littéraire, chuis pas irrécupérable o/), cuicui les oiseaux chantent, sauf quand il arrive malheur à Ayase. Il faut dire que le milieu dans lequel il traîne semble vraiment pourvu de types pas nets, qui veulent soit enlever Ayase et le violer pour se venger de Kanou, soit complètement fantasmer sur Ayase au point que tout otaku fanatique est un enfant de chœur à côté ; le manga devient une sorte de remake du Petit chaperon rouge en permanence agressé par de gros pervers (et c’est n’importe quoi). Et c’est là où Kanou de rachète une virginité une conduite, parce qu’il arrive à protéger Ayase de tous les malades qui lui gravitent autour et c’est là où on perçoit l’intérêt du seme ours qui fait greu.
Mais bon, n’empêche que ce manga arrive par lui-même à générer une loi essentielle du manga yaoi : le uke n’a pas d’intestins et ne va pas aux toilettes. Jamais. Quand il y va, c’est pour se repoudrer le nez parce que son maquillage du parfait uke est un peu défraîchi.
Bref, un manga bien cliché mais tout de même marrant et sympa à lire, sauf si un uke qui a l’air d’avoir 12 ans vous rebute, car cela rend le manga assez spécial (pour les autres, c’est open shota). On n’a jamais dit non plus qu’un manga yaoi devait être réaliste et c’est heureux car celui-ci part carrément en sucette (c’est assumé hein), avec l’impression que les personnages ont fumé un truc pas très net avant de commencer leur scène. Par contre l’auteur nous gratifie d’images censées être choupites (je ne parle pas de celles quand il est petit) d’Ayase dans des costumes différents, mais franchement c’est super mal dessiné, elle ne sait pas faire les plis de vêtements et presque tous les vêtements d’Ayase sont moches.
Sakende yaruze!, qui a été traduit en anglais sous le nom Shout out loud! (je ne la ferai pas en français, je n’ai aucune connaissance en japonais, alors traduire un titre…) est un manga yaoi écrit et dessiné par Satosumi Takaguchi, qu’il est bien et que je ne désespère pas de voir un jour arriver en France. Ce manga est un peu spécial dans le genre, car il oscille entre le manga yaoi classique et le manga “tranche de vie”. De ce fait, la progression de l’histoire y est plutôt lente et elle se conclut après 5 volumes bien remplis.

Quand tu as besoin de pleurer, pleure! Quand tu dois crier, crie!
Sakende Yaruze raconte l’histoire d’Hisae Shino, un homme âgé de 33 ans, qui découvre au début de l’action du manga qu’il a un fils de 17 ans, Nakaya, né d’une relation avec sa seule petite amie au lycée et dans le même temps que celle-ci est morte il y a plusieurs années. Nakaya était venu raconter son histoire à un père qu’il n’a jamais connu et lui dire ses quatre vérités, en ayant (entre autres) pour objectif de lui faire du mal. Au final, il est surtout surpris d’avoir un père qui paraît si jeune, fragile et à la voix quasiment féminine, qui n’était pas du tout au courant de son existence et qui pleure quand il entend que la mère de Nakaya est morte. Nakaya, qui vivait auparavant avec sa grand-mère (imaginez une vieille bique austère dans une maison japonaise traditionnelle), finit par trouver qu’il se sent bien chez son père et finit par squatter chez Hisae, qui n’a rien contre.
Grand embarras pour Hisae quand est finalement obligé de révéler sa profession à son fils : il est doubleur d’animes, autrement dit un seiyuu et double des personnages gentils à la voix féminine (imaginez la tête de Nakaya x3).
Dès lors commence une cohabitation un peu bizarre des deux hommes, entre Hisae pas très habitué à avoir son fils chez lui (alors en plus un ado de 17 ans bourré d’hormones, accro au hockey sur glace et deux fois plus musclé que lui, c’est pire), ni même à avoir qui que ce soit chez lui, et Nakaya habitué à la vieille grand-mère austère, qui découvre que son père est en fait encore un grand enfant parfois incapable de s’occuper de lui-même (Nakaya doit parfois s’occuper d’Hisae complètement à la ramasse) et qui a un travail tout de même assez précaire.
Car être doubleur comme on le voit dans ce manga, c’est avant tout avoir sa seule voix comme outil de travail : une journée de maladie est une catastrophe, ce n’est pas un emploi très bien payé et Hisae demande à son manager d’accepter n’importe quel contrat pour pouvoir s’occuper correctement de Nakaya (c’est à dire, tout accepter pour avoir assez de sous à la fin du mois pour faire manger deux personnes).
Là, Hisae apprend que 1- les drama cd tirés de manga yaoi marchent pas mal, que 2- il est prédestiné à jouer le uke à cause de sa voix féminine et que 3- ça tombe bien, ses contrats “en plus” sont tous des doublages de uke de drama cd yaoi. Hisae n’est pas très content, mais il s’exécute quand même, vu qu’il est demandeur et que Nakaya mange quand même beaucoup à cause de son activité sportive.
*là, c’est le moment où les fangirls qui ont déjà lu le manga disent “youpiiii!”*
Et sur le plateau de doublage, si Hisae joue les uke, les seme sont quand à eux souvent doublés par Tenryuu, bel homme ténébreux qui a de l’expérience, la classe, un bon brushing et surtout un regard super… ténébreux *fond et tombe par terre*. Bref, Tenryuu-san, c’est de la bonne. Hisae et lui s’étaient rencontrés il y a des années de cela, lorsque Hisae faisait ses débuts, puis les deux hommes s’étaient perdus de vue. Hisae considère toujours Tenryuu comme son “sempai”, mais il est clair que ce dernier n’a pas du tout les mêmes intentions (qu’il avait dès leur première rencontre) et qu’il n’a pas l’intention de laisser filer Hisae maintenant. Tenryuu va donc essayer de ramener Hisae entre ses bras, tout en faisant attention à Nakaya qui s’est donné pour mission de protéger son père et n’a pas l’intention de le lui laisser, à d’autres doubleurs intéressés par Hisae (un uke innocent, c’est quand même assez excitant), et surtout à Hisae lui-même, qui ne sait plus très bien où il en est.
En bref, j’adore ce manga. En très bref, j’adore. (haha)
Dans un premier temps, les protagonistes sont dans une situation différente des manga yaoi “classiques” : le uke et le seme ne sont plus très jeunes et ont la trentaine bien tassée, ont déjà fait leurs expériences de leur côté (même si pour Tenryuu elle se termine par un divorce et qu’il ne peut plus voir sa fille tous les jours) et ont un travail dans un milieu assez atypique (le doublage) dans lequel ils sont reconnus et n’ont plus à faire leurs preuves.
Pourtant, rien n’est acquis : la situation d’Hisae va basculer le jour où Nakaya vient sonner à sa porte, le confrontant à son propre mode de vie, ses échecs et ses difficultés à envisager l’avenir. Il est ainsi coincé entre les standards de la société japonaise qui demande aux individus d’avoir un emploi stable, se marier puis d’avoir des enfants, et son propre mode de vie, imprévisible, dans un milieu méprisé par les gens bien-pensants (du genre la grand-mère de Nakaya, elle fait une de ces tronches quand elle finit par écouter les fameux drama-cd yaoi…) et sa vie solitaire bien rangée de vieux garçon. Hisae, qui essaie pour Nakaya de se ranger du “bon côté” de la société, se fait un peu plus tard chambouler par Tenryuu et devra choisir entre une vie “dans les normes” et accepter son penchant pour Tenryuu.
Ensuite, ce que j’aime dans Sakende Yaruze! est aussi sa transcription du quotidien, fait de choses très simples : Hisae qui fait la cuisine, Nakaya qui tombe au hockey ou qui a des problèmes avec sa copine, Tenryuu qui téléphone à son ex-femme pour savoir comment va sa fille ; toutes ces scènes qui sont faites pour renforcer l’impression de proximité et de réalité des personnages fonctionnent parfaitement bien. Hisae pourrait être n’importe quel tokyoïte, il pourrait même être réel. Et puis Tenryuu bourré, c’est hmmmm *_* (oui, je fangirlise.)
Bref, un pavé pour une histoire réaliste et complexe (mais comment décrire une histoire qui est ancrée dans le quotidien?), des personnages attachants, tous très bien dessinés (*bave*), la mangaka faisant des merveilles à la fois dans le dessin et la mise en page. Et si cette histoire n’est pas pour le moment arrivée en France, ce manga est disponible en anglais aux USA chez l’éditeur Blu, avec des couvertures assez moches qui se plient facilement, mais à moins que vous soyez absolument allergique à l’anglais, lisez-le, ce manga est un indispensable de yaoithèque.
Et que je veux Tenryuu pour mon 4 heures.
*images à mettre : où es-tu petit manga, petit petit petit….*

[attention pavé]
Cet article est une suite de celui-ci, en réaction à celui-là. Parce que je suis sûre que personne n’a lu la revue consacrée au sujet.
Alors, oui, pourquoi tant de filles aiment-elles le yaoi? C’est la question que de nombreux garçons se posent, et j’ai, en filigrane, l’impression qu’ils se l’adressent plutôt à eux-mêmes : pourquoi ne m’aime t-on pas moi, moi qui suis en 3D, en chair et en os? Pourquoi ces filles préfèrent-elles des garçons irréels, pour la plupart d’apparence prépubère et qui font des choses bizarres même pas racontables tant ceci atteint le summum de l’horreur pour mon esprit viril et “homme”?
Pour savoir comment ce phénomène est né et a acquis tant d’importance, il faudrait revenir aux origines. Je n’en ai ni le temps ni l’envie, je me limiterai à quelques généralités (pour le reste, lisez la revue, nom de dieu!) : le yaoi est né dans le fanzinat et le doujinshi, faits par des femmes, pour des femmes, dans les années 1970, de façon marginale. Il s’est vraiment développé dans les années 1990 puis a atteint une création et un auditoire croissants dans les années 2000, surtout avec l’arrivée massive d’internet dans les foyers. Le boy’s love, équivalent commercial du yaoi, a suivi cet essor.
L’originalité du courant est que tout le monde peut y participer : il n’y a qu’à voir le nombre phénoménal de fanfics/fanarts/doujinshi yaoi Naruto ou Harry Potter pour s’en convaincre. Mais ce n’est pas pour autant que règne l’anarchie et le public est le seul juge : comme dans tout milieu, certains auteurs sont reconnus alors que des milliers d’autres resteront dans l’oubli, ce qui, vu la qualité de leur prose/dessin, n’est pas si mal. Personnellement, j’ai connu l’époque du fandom Gundam Wing, très vivace et diversifié et j’ai vu passer des choses extraordinaires… et des navets, mais bizarrement, j’en ai vu que très peu.
Le yaoi suit des principes simples : tout est faisable, à condition de bien le faire et d’assumer. Il peut très bien exister des fanfics/doujinshi dérivés du principe même du YAOI (YAma nashi, Ochi nashi, Imi nashi : pas de pic, pas d’histoire, pas de sens, j’adore les acronymes) qui n’ont aucun but à part de coller deux personnages ensemble (souvent avec des scènes de H, PLEIN de scènes de H), ou des romans-fleuve sur deux personnages qui s’aiment d’un amour tendre imaginé par l’auteur.
Et puis il y a le Boy’s Love, l’équivalent commercial du yaoi, que je nomme sur mon blog aussi yaoi, par commodité et flemme (4 lettres contre 9, yaoi wins par KO). BD, jeux vidéo, anime, drama cd, tout est bon pour satisfaire l’envie de la fan par des moyens légaux et bien souvent chers, contrairement aux doujinshi écrits en japonais et pas forcément compréhensibles par tout le monde. Enfin, ça amène aussi pas mal de teams de scantrad yaoi, ce qui a été une bonne chose pour faire découvrir le mouvement, mais ceci est un autre sujet.
Bref, revenons au sujet principal, LA question que tout le monde se pose, avant que je ne perde encore dans des digressions qui me font perdre le fil directeur de l’article. En même temps, ceci est le premier article officiellement écrit sur un traitement de texte avant publication, j’innove mais le sujet le mérite.
Donc, pourquoi les filles aiment-elles le yaoi ?
Pour répondre à cette question, posons préalablement d’autres questions : avez-vous déjà lu un manga shojo de base (Karekano, PSME, Skip Beat et consorts ne sont PAS des shojo de base) ? Si oui, avez-vous aimé le manga shojo de base ? Pensez-vous que la fille de base avec des neurones en état de marche aime elle-aussi le manga shojo de base ?
Si vous avez répondu non à toutes-ou partie de ces questions, surtout la dernière, je vous félicite. J’aime le manga, mais je n’aime pas le shojo de base, ou les ersatz de manga pour filles mettant en scène une héroïne crucruche, nunuche, qui n’est pas spécialement intelligente, mais qui aura toujours le beau gosse à la fin. Pourquoi ? Parce que le manga shojo –de base- avec son héroïne cruche n’est pas représentative de la vraie vie, de ce que je vis tous les jours. Non, faire un test de compatibilité amoureuse entre lui et moi, spas ma tasse de thé, désolée (hein, ;_; ). Non, je n’ai pas d’angoisse capillaire entre les nattes et la queue de cheval, la queue de cheval est vachement plus simple à faire (en plus j’me suis coupé les cheveux :3). Non, je n’ai jamais eu de dilemme sur une marque de parfum, un sac ou un régime. Et puis je n’ai jamais chopé le beau gosse de ma classe, surtout qu’il n’y en avait pas, la filière littéraire n’étant pas vraiment pas un bon filon et qu’avant je trouvais les mecs un peu lourds. Mais bon, je me suis rattrapée depuis.
Bref, je n’arrive pas à m’identifier à une héroïne de shojo, je la trouve trop fille. C’est un sentiment que j’ai du mal à expliquer, mais on va dire que j’ai du mal à me sentir bien à côté de « vraies filles », qui parlent de mode, maquillage et mecs. En même temps, je ne sais même pas si ça existe vraiment ce genre de créatures… la cinquième dimension, je vous dis. Mes copines à moi savent généralement de quoi je parle quand je dis « Ook », « lolcat » ou « mmorpg ».
Rappelez-vous des bases, le yaoi est un sous-genre du shojo, donc du manga pour filles. Qui est fait par des filles, pour des filles qui ont des neurones et ne veulent lire de belles histoires, et pas forcément que celles-ci soient une mauvaise bouillie plus belle et plus optimiste de la leur (j’ai d’ailleurs eu du mal avec Fruits Basket). Elles n’ont pas forcément envie de voir une héroïne plus nulle qu’elles tout réussir parce qu’elle est « trop mignonne » et subir un effet de miroir inversé qui leur renvoie une image négative de leur propre personne. Elles n’ont pas non plus forcément envie de lire une histoire où tout se termine bien, avec pour perspective mariage, naissances et servir de bonniche de la famille pour toute une vie. Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me plombe le moral qu’une histoire me rappelle que je suis génétiquement disposée à concevoir et à devenir maîtresse de maison. Et je ne suis pas la seule.
Le yaoi permet de s’affranchir de tout cela. Le yaoi est d’abord une histoire d’amour quasiment impossible entre deux personnes, chose que certaines filles adorent (dont moi), avec pour base des fantasmes de femme. Le yaoi ne met pas en jeu une héroïne avec qui on doit s’identifier : dans le meilleur des cas, l’identification se fait avec l’un des deux héros, ce qui est plus gratifiant qu’une héroïne nunuche, mais la lectrice peut rester simple observatrice de l’histoire. Le yaoi s’affranchit des conventions sociales et de la barrière des sexes : c’est un amour qui ne tient pas compte des préjugés, comme on le voit dans Zetsuai. C’est le hasard fait qu’ils soient tous les deux des hommes, Koji étant persuadé qu’il était tombé amoureux d’une fille.
C’est de plus un amour de deux personnes qui sont sur un pied d’égalité, ce qui est un point important en faveur du yaoi. En effet, les deux hommes sont considérés comme égaux, à part au lit, de par leur nature d’homme. Bien sûr, il y a des cas spéciaux (Okane ga nai), mais la plupart des manga mettent en scène des (jeunes) hommes matures, capables de réfléchir par eux-mêmes et indépendants. D’ailleurs, j’adore Sakende Yaruze pour ce côté-là. C’est une différence majeure avec le shojo, car il y a quasiment toujours l’ambivalence fille à protéger/garçon qui protège dans le manga pour filles, avec toutes les variations possibles. Et ça, quand on connaît un peu comment peuvent dévier les relations fille/garçon dans la vraie vie, ça met un peu mal à l’aise. Car oui, les garçons et les filles ne sont pas à égalité dans une relation amoureuse. Surtout au Japon bien sûr, mais le succès du genre yaoi dans des pays différents montre bien qu’il y a un truc qui cloche et qu’il y a une vraie attente de la part des filles lectrices.
De plus, dans le yaoi, il n’y a pas de perspective d’avenir sexuée à connotation de reproduction, avec enfants à la clé. C’est toutefois une question qui est abordée régulièrement dans pas mal de manga yaoi, notamment Kizuna et New York New York, où Mel et Cain adoptent une petite fille. Et puis, bon, avouons, du sexe sans se soucier des conséquences, c’est un peu le bonheur rêvé pour pas mal de filles (non, la pilule et tout autre contraceptif à hormones, ce n’est pas la panacée. Zavez déjà lu sa notice d’utilisation ? Moi, j’aurais jamais dû regarder la case « effets secondaires ».)… Qui s’en donnent à cœur joie pour mater les ébats des deux mâles en rut. Ouais, le manga yaoi est tellement bien qu’il nous offre aussi deux beaux mâles tous nus en train de se tripoter.
C’est le même plaisir que celui d’un voyeur, qui permet aussi de comprendre un peu comment un mec est foutu. D’accord, ça ne va pas bien loin et c’est un peu l’équivalent des filles des manga H pour la population masculine, mais hé, des mecs aussi beaux en vrai, y’en a pas des masses, alors laissez-nous rêver nous aussi (pi les vrais, j’en veux pas, beurk). Surtout ceux avec des côtes tellement bizarres qu’on dirait qu’ils ont subi une opération pour s’en rajouter.
Bref, le yaoi, c’est mieux que Plus belle la vie pour les petits vieux : c’est un pur instant de relâche, à observer des vies différentes de la sienne, avec des héros pas niais de la même manière que des filles. C’est pourquoi je ne comprends pas vraiment pourquoi il y a une telle défiance à l’égard du genre parmi le public masculin : c’est destiné à un public de filles, pour des fantasmes de fille, ça devrait être tellement anodin qu’il ne devrait pas y avoir autant de disputes sur le sujet. Mais apparemment, certains ont du mal à concevoir qu’un homme puisse « devenir une fille », c’est-à-dire être pénétré, et ce même dans un manga pour filles. Tant pis, le mouvement yaoi répond à des fantasmes et des aspirations féminines, et est parti pour rester un mouvement actif pendant longtemps.
*edit* Genre j’aurais fait une faute d’orthographe dans le titre, moi.
Ô joie, ô bonheur, la suite des aventures d’Alec et Seregil a été programmée pour dans pas longtemps (kyaaaa).
Pour mémoire, Shadows return, quatrième tome de la série des Nightrunner était sorti en avril de l’année dernière et je m’étais précipitée comme une foldingue sur Amazon la semaine de sa parution pour le commander, en commande couplée avec un bouquin sérieux pour éviter de trop me faire griller pour fangirlisme.
Là, j’ai même plus cette excuse, j’ai fini mes études :p.
Je m’étais aussi pourtant juré d’arrêter l’achat de bouquins et manga sous peine de voir ma chambre de premier étage redescendre au rez-de-chaussée à cause du surpoids, mais ça va bien supporter encore un livre de plus, hein? :3
En passant petit rappel : n’achetez pas le premier livre de la série Nightrunner en français, vous vous faites avoir : vous paierez cher pour un bouquin mal traduit et sans carte. Le livre en version originale est bien moins cher et plus complet (logique), même si le papier/encre sont de mauvaise qualité et que mon exemplaire me fait penser à un fumeur malade qui ouvre la bouche quand j’ouvre le bouquin…
Par contre, il est tout à fait autorisé de se jeter sur son autre série sortie en France sous le titre Le royaume de Tobin, toujours sur le même univers.
*edit* en passant, quelqu’un aurait vu le mag Asuka qui imite le Be x Boy récemment? Je pensais qu’il sortirait en marchand de journaux… C’est moi ou chuis complètement à la ramasse?
Ca fait un petit moment que je dois faire cet article, mais mon emploi du temps de ministre (kof kof *s’étrangle*) ne m’en a pas trop laissé le temps et puis faut que j’aille buter Zeal, mais au moins il y a un Dieu quelque part. En plus je dois lutter en ce moment contre une attaque de bots pas originaux qui laissent plein de spam, c’est gentil mais vraiment, 5 messages par jour, c’est un peu trop. En même temps, il fut un temps où je ne parlais que des sorties yaoi que pour en dire du mal, ça motive un peu plus pour écrire que lorsque le manga yaoi se révèle être bon. Ouais, je râle souvent, mais parfois ça fait du bien :3. En même temps, les personnages l’avaient un peu cherché, fallait pas être si niais, nan mais.
Caffe latte rhapsody est un one-shot dessiné par Toko Kawai dans la lignée des manga yaoi niais évoqués un peu plus haut, mais ce qui sauve la mise est essentiellement son côté choupi à tout épreuve, additionné à une bonne humeur waterproof qui possède le même effet euphorisant qu’un carré de chocolat, en moins calorique.
C’est l’histoire de Serizawa, un libraire qui préfère les garçons, qui rencontre Keito, un grand blond un peu maladroit et effrayant mais qui cache une grande gentillesse et un cœur en guimauve tendre et moelleux comme on n’en fait plus. Serizawa est très attiré par ce jeune homme, qui n’a apparemment aucun préjugé en matière sentimentale et répond favorablement à ses avances. Ils finissent par sortir ensemble et tout va bien dans le meilleur des mondes, sur fond de café… Pour compléter le one-shot, nous aurons droit à l’ex-copain de Serizawa, un bad boy stéréotypé et des copines de Serizawa qui causeront quelques remous existentiels (ne faut-il pas mieux passer sa vie avec une femme, comme le veut la norme, qu’avec un homme, ce qui constitue une déviance inacceptable?), mais rien de bien méchant.
L’aspect de Cafe latte rhapsody qui m’a vraiment plu est que l’histoire se déroule sans gros bouleversements dramatiques ni changements bizarres de l’attitude des personnages (ça se passe souvent en fin de chapitre, pour assurer le suspense), ce qui donne à l’ensemble un aspect léger, lisse et rond, comme un bonbon bien sucré, dont on devine déjà que la fin sera aussi succulente que le début et sans mauvaises surprises. Car ce que ce manga décrit est bien juste une histoire d’amour un brin (juste un brin, hein) poétique et touchante entre deux jeunes hommes dans un Tokyo contemporain. On pourra argumenter sur le fait que l’histoire est effectivement une suite de gros clichés du genre, mais l’enchaînement n’est pas si déplacé et aussi lourd que dans d’autres manga, puisque c’est choupi et que la choupitude, c’est mignon (genre, sans blague).
Le style graphique de l’auteur y est sans doute pour quelque chose : il est assez fin, simple et mignon, avec assez de décor (bien dessiné aussi, important ça) pour que le lecteur s’y retrouve facilement, bref le dessin parfait pour une sitcom dessinée légère et joyeuse.
Bref, j’ai beaucoup aimé Cafe latte rhapsody qui est un excellent médicament contre les coups de blues passagers et constitue une bonne introduction au genre yaoi pour tout profane intéressé par une première lecture pas trop hard ni trop niaise, conseillée même pour les accros au thé (j’en fais partie).
A noter que l’auteur a également dessiné Cut, un autre manga qu’il est bien, même si l’ambiance générale est beaucoup plus sombre et parle de l’adolescence pas très heureuse.
Sinon Love Mode est sorti, j’ai mon exemplaire juste à côté de moi et il est toujours aussi beau que le jour où je l’ai vu pour la première fois dans une Fnac (ouais, je sais, mais je n’avais pas trop le choix) où il m’attendait bien sagement *caresse compulsivement son exemplaire d’un air niais*. Il est toujours aussi bien et drôle, d’ailleurs chewi en a eu un petit aperçu dans la voiture entre Paris et Orléans, j’étais vraiment pas discrète (désolée, hein, c’est les embouteillages, ils m’ont poussée à lire :’3).
Parce que.
Pour une explication plus complète, allez lire le numéro un de cette excellente revue que j’ai mis un an à acheter et je ne regrette pas du tout mon achat, qui est en fait indispensable. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec certains points de détail, mais cet ouvrage est une excellente analyse des raisons objectives du succès du yaoi et de l’engouement de fans du monde entier. Les auteurs et œuvres présentées comme référence sont toutefois un peu arbitraires, mais n’enlèvent en rien de la pertinence de l’ensemble.
Sinon, j’aime mon nuage.
Je suis plusieurs tournois de japanime sur des blogs différents et j’en fais régulièrement la pub dans mes articles. Puis je me suis récemment demandé si il n’était pas possible d’en organiser un gros moi-même sur les couples préférés dans les anime et les manga yaoi et shônen-ai confondus. Dont acte. Au passage, merci Coin pour ton aide :3
[23:22] > il faudrait définir des critères de sélection des couples
[23:22] <.coindetable> je refuse l’organisation d’un tel tournoi.
[23:22] > j’en ai parlé sur l’editotaku coin xD
[23:22] > osef
[23:22] > KANAME va gagner.
[23:23] > en plus.
[23:23] <.Natth> hum…
[23:23] <.coindetable> normalement je devrais t’insulter mais j’ai pas la force pour.
Brèfe. (non, je ne balance pas xD)
Pour le choix des manga et anime, c’est pas mal le bordel, vu qu’il n’y a pas vraiment de critères de sélection, à part la reconnaissance des œuvres par le public. Ce critère reste assez subjectif vu l’étendue des œuvres proposées en scantrad/fansub et le peu d’œuvres légalement diffusées en France. J’ai quand même écarté d’office les manga et anime offrant peu de scènes sujettes à suspicion, comme c’est le cas dans Princess Princess, X ou Kyou Kara Maou!. Natth m’a bien aidée à compléter ma petite liste (merci :3), que je propose ici à la suite de nos délibérations :
- Gravitation
- Gakuen Heaven (2ème manga)
- Kizuna (2 couples principaux)
- Fake
- Ludwig II
- New York New York
- Le jeu du chat et de la souris
- Love Mode (2 couples principaux)
- Dear Myself
- Zetsuai 1989
- Color
- Seikimatsu Darling
- Boku no sexual harassment (pour la scène avec le maïs)
- Ai no Kusabi
- Haru wo daite ita
- Sakende Yaruze
- Papa to kiss in the dark
- Kashou no tsuki
- Fujimi Orchestra
- Loveless
- Sukisyo
- Four Horsemen (mouhahaha)
- Sensitive Pornograph (le premier couple de l’OAV)
- Yellow
- Ja-dou
- Soshite haru no tsuki
- Gerard et Jacques
- Animal X
- Lawful drug
- Yami no matsuei
- Koori no mamono no monogatari
- Junjou romantica
- Kusatta kyoushi no houteikishi
- G-Defend
- Kaze to ki no uta
- Rin!
- Okane ga nai
- Viewfinder
- Crimson spell
- Only the ring finger knows
- Wild Rock
- Three wolves moutain
- Gorgeous carat
- Our kingdom
- Pure love
- Tokyo Babylon
- Earthian
- Boy’s next door
- Mirage of blaze
- Level C
- West End
- Midare Somenishi
- Antique Bakery? (je n’ai pas encore regarde l’anime)
Ça donne un petit aperçu du contenu du tournoi, mais la liste est susceptible de s’allonger avec les inspirations du moment. En tout cas, n’hésitez pas à proposer des titres. Je ne prends qu’un couple par manga, sauf ceux pour lesquels le nombre a été précisé.
Sinon, votez pour Kaname. Merci.
Ouais, j’ai raté quelques sorties de manga yaoi pour consacrer un article à celui-ci, mais c’est une vieille connaissance et je ne pouvais pas ne pas en parler. C’est l’un de mes premiers manga yaoi, à l’heure où j’étais encore jeune et insouciante et où j’étais persuadée que le manga yaoi n’aurait jamais aucun impact en France… Résultat : les fangirls yaoistes ont déferlé sur le monde, le scantrad yaoi est de loin le secteur du scantrad le plus actif (du moins sur Daily), le manga yaoi s’est fait une place confortable sur les étagères des libraires et j’ai un volume en vrai papier, encre et colle entre les mains du manga que je lisais en scans il y a 4 ans. Par contre toujours pas de nouvelles de Tokyo crazy paradise ou Here is greenwood, qui sont pourtant des manga shojo tout ce qu’il y a de plus hétéro. Bawé, la vie est parfois un peu bizarre.
Non, je ne vais encore une fois pas m’attarder sur l’histoire d’amour entre les deux héros, qui serait absolument banale et sans intérêt, comme dans Si ton rêve se réalise, si seulement il n’y avait pas eu la bonne astuce de la perte de mémoire. Eh oui, le héros de cette histoire perd la mémoire de deux années sans doute les plus importantes de sa vie, entre 14 et 16 ans : il a raté le virage périlleux de la mue de la voix (on sait jamais, en général les héros de manga n’en parlent jamais), de la montée de sève, de la dégingande un peu moins dégingandée et des premiers intérêts pour les personnes du sexe opposé aux protubérances en cours de rebondissement. Si vous ne comprenez pas ce dont je parle, spas grave, moi je me comprends :3.
Bref, amnésie pendant 2 ans. Et puis il lui tombe sur le coin de la figure une relation charnelle avec bouts de chandelle avec un représentant du même sexe. Bawé, sinon on ne serait pas dans un manga yaoi, hein. Bigre, c’est à se taper la tête contre les murs. En même temps le pauvre ne se souvient plus de rien, alors comment faire? En bon amnésique, son “double” qui a vécu ses deux années volées (entre 14 et 16 ans, pour ceux qui ne suivent pas) a eu la bonne idée d’établir un journal intime au jour le jour, où il raconte sa vie intime et notamment ses galipettes. C’est un truc de fille, nous dirons-nous, mais passons, le tout c’est que ça marche. Et puis ça conduit à la compréhension de l’autre, tombage en amour, poursuite de l’être aimé et réconciliation finale (presque) sur l’oreiller. Youpie, on est content.
Pour faire ma critique objective de ce one-shot, ça va être rapide : dessin pourri, histoire bateau et personnages efféminés à chier. Dear Myself est loin d’être un chef-d’oeuvre, comme quasiment tous les manga yaoi qui sont sortis dans l’hexagone pour le moment. Je me demande d’ailleurs quand un éditeur sérieux sera intéressé par Sakende Yaruze! ou des manga de l’envergure de Love Mode. Seul Tonkam a eu pour l’instant le courage d’éditer des séries yaoi entières (yay Kizuna 10). Je ne parle évidemment pas de Taifu et Gravitation, qui reste pour moi une série shônen-ai. Asuka ne s’est pas trop foulé en sortant seulement des one-shot et ils continuent en éditant ce tome, un one-shot qui est en fait une oeuvre de jeunesse d’Eiki-Eiki (ce qui explique le dessin merdique et les personnages bizarres), mais comme Color avant lui, j’ai tout de suite accroché. En fait, ce tome est l’une de mes nombreuses passions honteuses : c’est débile mais j’adore.
Bref, achetez Sennen no yuki les gens, c’est très bien et fait par l’auteur de Host Club, avec la meilleure Haruhi du monde. C’est bien marrant et ça divertit :3. Dans le deuxième tome vous aurez même droit à une petite histoire courte un brin yuri très rafraîchissante.
Allez hop, après un moment de flemme intense hier (mon poil dans la main me sert de canne, c’est parfois pratique), je me suis résolue à parler de LA sortie yaoi du mois.
Le manga sorti en France n’est pas le même que l’édition originale japonaise (que j’ai achetée pour les bô dessins :p). La faute revient à Biblos, dont la maison-mère a eu la bonne idée de mettre la clé sous la porte et qui s’est fait ensuite racheter par un autre éditeur. Ledit éditeur, pas sympa, a rassemblé les deux volumes originaux en un seul et viré l’histoire en plus en fin du second volume (merci Natth pour l’info =)), qui n’avait rien à voir avec le reste et on ne saura jamais ce qu’elle est devenue. Donc nous n’avons en France que l’histoire principale : Pure Love, l’histoire de deux jeunes hommes (sans blague) très en forme et qui s’aiment (re-sans blague).
Voilà pour l’histoire (comment ça ce n’est pas un bon résumé?), c’est assez léger mais il en faut pas beaucoup pour faire un manga yaoi x). C’est pas comme si on avait sous le nez la biographie non-autorisée de Zidane, hein.
Ce manga confirme plusieurs lois des manga yaoi : déjà la loi n°1, vu que le seme est super-armoire-à-glace-like, un géant blond qu’on verrait bien avec un casque viking, une peau de mouton tannée sur les épaules, des braies aux couleurs criardes et descendant d’un drakkar pour aller vio… euh visiter son uke préféré. Qui est lui d’apparence chétive et très efféminé. Mais attention! Ce n’est qu’une apparence et le uke est le plus violent du couple. Il a en effet acquis une force phénoménale et il s’en sert même dans les situations les plus incongrues, ce qui pose de sérieux problèmes de couple (Que faire lorsque votre partenaire sexuel vous casse deux côtes pendant vos ébats à cause d’une trop grande excitation? Ca doit faire mal
).
Du coup, pas moyen de faire crac-crac, parce que Uke-kun est très émotif. C’est là où la loi n°5 entre en scène. MOUHAHAHAHAHA *rire hystérique de fangirl*. Parce que le début du manga est bâti sur l’attente et la tension sexuelle entre les deux héros, qui n’ont jamais pu concrétiser, même si ils sortent ensemble depuis leur enfance. Les scènes de sexe avortées parce qu’il y a un emmerdeur qui fait son apparition (l’oncle, il rox ^o^) ou que le seme se fait à moitié trucider par son uke chou sont à mourir de rire.
Un cousin du seme fait son apparition, très uke-like, mais qui reste dans les cadres de la loi n° 7, sans vrai rôle original, c’est nul ~ Il n’est pas assez développé psychologiquement *couine* mais il avait pourtant un bon potentiel d’uke ultime…
Par contre il n’y a pas de méchant dans ce manga ;_;, je suis désespérée de ce côté-là, parce que c’est toujours un bonheur de voir quels supplices pas inventifs le méchant va infliger au uke, sa victime de choix parce que plus petit, plus faible et qu’il est plus potentiellement violable (ouais on aura compris).
En bref, un bon petit manga yaoi de derrière les fagots qu’il est bien, pas compliqué pour deux sous (normal, l’histoire tient sur un timbre-poste) et marrant tout plein. D’ailleurs si il était à comparer à Gakuen Heaven 1 et qu’on ne devait n’en acheter qu’un (genre Highlander), je voterais pour Pure Love =D.
Ah, j’allais oublier de parler du dessin. C’est quand même du Row Takakura, donc du lourd, du très lourd même. Le dessin est fin, très beau et les personnages sont super mignons, ça donne envie de toucher tout ça ^o^. Par contre elle a un problème avec les mains, elles sont un peu bizarrement dessinées…
Les éditeurs n’ont jusque là sorti que des manga yaoi d’auteurs bien confirmées, on verra ce que ça donne avec le prochain yaoi de la collection Asuka. Yeah \o/
1 – Physiquement stéréotypé tu seras. En clair, le seme est brun, armoire à glace-like, viril (limite gar) et plus grand que le uke qui est en conséquence automatiquement blond, plus petit que le seme et légèrement efféminé. Les personnages physiquement stéréotypés ont bien évidemment les problèmes qui vont avec : un uke est plus susceptible de se faire violer qu’un seme.
2 – Dessiné comme un dieu tu seras. Oui, les hommes dans les manga yaoi ne sont jamais trop gros ni trop maigres. Même après 50 ans (dans du Naono Bohra), on a le droit à de belles tablettes de chocolat bien fermes et pas un poil de graisse ni sur les fesses ni sur le ventre. D’ailleurs quand on y pense, pas de poils du tout sauf là, normal (?) c’est des japonais. Des mannequins, on vous dit…
3 – Caractériellement (ça existe ce mot?) stéréotypé tu seras. En clair, un uke se doit d’être mou, dur de la comprenette et l’équivalent masculin de la midinette cruche des manga shojo stéréotypés, par exemple Miaka dans Fushigi Yugi. Le seme, lui, porte la virilité en écharpe. Il se doit en effet d’être cool, distant et froid, mais attention! Ceci n’est qu’une apparence bien sûr… Il cache un coeur de braise (guimauve?) qui ne bat que pour son uke bien-aimé. Même si il lui met des coups de latte.
4 – Romantique tu seras. Le yaoi est en effet un manga pour filles, pas pour gays. Si il n’y a pas de romantisme, autant mettre la clé sous la porte. Attention, le romantisme n’empêche pas la cruauté envers l’être aimé, mais il faut qu’elle soit justifiée.
5 – L’angst couler à flots tu feras. L’angst est l’attente, le doute et la tension sexuelle qui existe entre les héros. L’un des intérêts du manga yaoi est toute cette attente avant le dénouement, la maturation psychologique (ça me fait un peu bizarre d’écrire ça…) nécessaire pour qu’ils se jettent dessus et qu’ils consomment leur amour l’un pour l’autre. Gakuen Heaven est par exemple complètement nul de ce côté-là.
6 – La lectrice fébrile tu rendras (en finissant les chapitres en queue de poisson). Les chapitres intermédiaires de manga yaoi se terminent souvent assez mal, voire de la pire façon possible. Tout est fait pour que la lectrice, qui sait pertinemment que les deux héros finiront ensemble à la fin, en ait pour son argent et angoisse en pensant aux péripéties dramatiques qui vont arriver au prochain chapitre.
7 – Un rival en amour apparaître tu feras. Ce cas de figure est presque uniquement réservé aux manga yaoi se déroulant en milieu scolaire. Un rival apparaît en cours de chapitre, qui est en général un ami d’enfance du uke et réclame ses droits sur lui en vertu d’une vieille promesse à la Love Hina. Il se fait proprement éjecter dans les 2 chapitres suivants, mais ça permet de meubler un manga un peu creux. Grâce au rival, le seme se rend compte qu’il aime le uke. C’est déjà un énorme progrès.
8 – un dénouement plein de fluides tu dessineras. Le final est très attendu de la fangirl yaoiste. Il est important de ne pas le rater et de donner un maximum de peau à voir à la lectrice frustrée. La mise en scène est également importante et c’est l’occasion pour les deux personnages de s’avouer leur amour. Le résultat est plus ou moins inégal selon les talents des auteures, mais il suffit à contenter la fan. Ou pas, c’est selon.
Dans le cas d’un manga sur plusieurs tomes, la “scène” seule ne suffit pas; il faut également donner à voir la suite, c’est-à-dire la vie commune ; l’après quoi.