J’en avais déjà parlé un peu dans un article précédent, Toshokan Sensou est un anime autour d’un groupe de protection de bibliothèques, dans un monde futur où une loi impose une censure stricte à tout ouvrage qui ne satisfait pas aux exigences de l’Etat japonais. Ne pas chercher à comprendre pourquoi la censure s’effectue à posteriori, dans les librairies, quand une bonne loi qui instaure un dépôt légal préalable du manuscrit pour révision rend toute action de défense des livres inefficace. Effectivement, le problème reste posé pour les vieux livres, mais c’est un autre sujet.

Je m’étais dit, “chouette, un anime pour moi”. J’aime lire, j’aime les livres et je peux (vais) en faire mon métier, vu que je suis archiviste de formation. Sauf que sur ce plan-là, j’ai été très, très déçue. Je m’y attendais tout de même un peu, puisque je l’avais déjà signalé dans mon article précédent sur le sujet. Il y a en effet un peu de tout dans Toshokan Sensou, de tout sauf des renseignements sur le travail d’un bibliothécaire (et encore moins d’un archiviste), sur les modes de conservation, diffusion, etc… des livres et encore moins sur les livres en eux-mêmes, à part une allusion à Fahrenheit 451 (très bon bouquin, toujours d’actualité, mangez-en) et aux contes de fées destinés aux enfants. Sur ce plan-là, l’anime est donc très très faible… Je ne dis pas qu’un cours magistral aurait été préférable, mais l’héroïne est quand même bibliothécaire. Même si l’anime n’est pas strictement réservé à un public japonais. C’est un peu comme dédier un anime à la pêche aux sardines mais ne jamais en voir une seule vivante et juste aligner les poissons morts. Oui, ma comparaison est bizarre, mais j’aime bien les sardines en boîte à l’huile d’olive et au citron
.

Donc, en quoi consiste le reste? En vrac : du slice of life, de la romance, du drama, de la famille, de la corruption, des livres qui pèsent lourd, des armes, de l’amûûr, des blessures, des hôpitaux pleins, des abrutis, des combats et de la camomille. Beaucoup de camomille. Surtout sur la fin. Et comme cet anime est seulement en 12 épisodes (oui, c’est court pour loger tout ça), les créateurs ont utilisé l’effet Tramway, qui consiste en ceci : on embarque les gens jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place, on roule à bonne vitesse, on freine à mort et voilà, y’a la place pour les gens qui montent à la station suivante (option sardine, bien sûr. Avec de l’huile d’olive et du citron, évidemment :3).

Toshokan Sensou c’est pareil. Le début avance doucement, c’est archi-chouette, puis les gens se rendent compte que le format est court, alors on boucle tout dans les trois derniers épisodes. Ca fait mal aux reins, ça fait grincer des dents et c’est pas bon pour le cerveau. En clair, Toshokan Sensou aurait mérité les 26 épisodes et une fin décente, avec plus de passages à la laverie et de regardage d’orteils pour savoir si on va reparler à machintruc ou pas, si on va retourner faire la bibliothécaire demain ou sécher parce que le boulot est franchement barbant et regarder sa colocataire se mettre du masque au concombre tous les soirs en rigolant en douce. Et aussi plus de coups tordus, d’embrouilles gouvernementales et de pots-de-vin. La série le méritait. Parce qu’au bout de 12 épisodes, on a simplement l’impression d’avoir assisté à un bel apéritif, avec plein de promesses pour la suite et on finit la série très frustré…

Bref, Toshokan Sensou est une série qui n’est pas franchement mauvaise, mais qui est quand même super loin d’être exceptionnelle. A oublier, donc, en attendant mieux et plus ambitieux, avec des vrais bouts de pêche à la sardine dedans.

Et comme la semaine dernière, si vous possédez en vous une once d’humanité charitable et généreuse, s’il vous plaît votez Yukino. Elle le mérite.
