Un manga de Modoru Motoni va enfin sortir en France et s’appelle Dog Style. Je ne l’ai pas lu, mais apparemment il n’est pas dans la mouvance “morbide” de l’auteur ; si c’est vrai, ça change de Rika et ses personnages lycéens accros aux viols et à la torture physique et mentale (sisi ^^). J’aime beaucoup le style graphique de l’auteur, surtout sa maîtrise du noir et blanc.
En parallèle, plusieurs manga issus du BexBoy mag vont sortir en volumes reliés, dont Silent love, mon petit préféré. En parallèle, de nouvelles séries vont arriver dans le magazine, quasiment toutes très récentes.
Youpie, hein? :3
Natsuki Sumeragi (son nom me fait penser à un personnage de Please save my Earth x3) est une mangaka qui n’est pas très connue en France, mais la plupart de ses œuvres ont bénéficié d’une traduction et d’une édition groupée chez Akata en 2007 et 2008 ; l’éditeur avait parlé d’un “coup de coeur”. Comme beaucoup d’auteurs, on ne sait pas grand-chose sur elle, mis à part qu’elle serait née en 1967 et qu’elle aime beaucoup les vieilles légendes asiatiques, en particulier chinoises. Elle excelle dans les histoires courtes, assez mélancoliques, décrivant des histoires d’amour à priori impossibles, dans un Japon ou une Chine antiques. Son dessin, très précis, fin et élégant (nan, je n’ai pas copié sur une brochure qui vante les mérites de l’auteur), met bien en valeur les récits qu’elle met en scène, sans surcharger les pages, avec un souci du détail qui frise la perfection. En bref, c’est un vrai bonheur pour les yeux de lire ses œuvres, qui sont exceptionnelles au regard de la production shojo actuelle.
Le premier ouvrage à être paru en France fut La voix des fleurs, un recueil de nouvelles de jeunesse, qui inclut sa première histoire courte, Le sanctuaire de la femme serpent, dont l’action se déroule dans le Japon médiéval. Le reste de l’œuvre est plutôt centré sur la Chine, avec trois histoires d’amour entre humains et esprits tantôt gaies, tantôt tristes et tragiques. Le titre est inspiré de la première histoire, La pivoine enchantée, qui raconte l’histoire d’amour entre un humain et une pivoine qui aime bien boire, en réalité un esprit des fleurs qui peut prendre la forme d’une très belle femme. Ce recueil est assez léger dans son ensemble, mais je n’ai aimé que deux de ces histoires sur les quatre proposées : l’une était trop brouillonne et l’autre, Le sanctuaire de la femme serpent, beaucoup trop glauque à mon goût : je n’aime pas les histoires d’inceste entre frère et sœur, même involontaires.
Nous retrouvons toutefois les deux amoureux de pivoines dans Un destin clément, autre recueil de nouvelles plus récent et graphiquement plus abouti, avec des histoires “typiquement” chinoises où les fleurs, notamment les pivoines, sont encore très présentes. Ce manga se trouve plus dans le conte de fées chinois que le premier et Romance d’outre-tombe, où les histoires japonaises morbides contrastent avec les histoires chinoises féériques. Les quatre histoires contenues dans l’œuvre sont toutes aussi magnifiques les unes que les autres, mais j’aime plus particulièrement Le fou des fleurs et La renarde maléfique, que je trouve graphiquement plus aboutis (d’ailleurs les deux images illustrant cet article sont issues de Le fou de fleurs).
Romance d’outre-tombe est un autre recueil de nouvelles, paru au Japon chronologiquement après La voix des fleurs, qui met aussi en scène deux histoires concernant le Japon médiéval, empreintes comme dans Le sanctuaire de la femme serpent d’un côté fantastique et mortifère qui plaira aux amateurs du genre. Leur deuxième exception est que ce ne sont pas à proprement parler des histoires d’amour, mais plutôt de vengeance d’esprits maléfiques. La dernière nouvelle, qui se situe en Chine, contrebalance le côté étrange et mortel des deux premières histoires courtes, même si l’auteur dessine encore une histoire d’amour impossible.
Intrigues au pays du Matin Calme est mon recueil d’histoires préféré, et de loin. Comme le titre du recueil l’indique, la plupart des histoires se déroulent en Corée, où nous attend un angyo-onshi (:3), un inspecteur du roi, qui parcourt le pays pour faire respecter les lois. Il est le sujet et spectateur des trois premières histoires (toujours d’amours impossibles, mais qu’est-ce que c’est bon) et nous apprenons dans la troisième son terrible secret… La quatrième et dernière histoire se passant en Chine nous apprend qu’il ne faut pas, surtout pas jouer avec un fantôme de jeune fille qui a juré de se venger d’un amant indélicat.
J’ai moins aimé Pékin, années folles, qui est la seule série de nouvelles (2 volumes) de Natsuki Sumeragi à être sortie en France. Ces nouvelles, assez différentes les unes des autres mais tournant encore autour du thème de l’amour, ont toutes comme point commun de se situer au début du 20ème siècle en Chine, à Pékin. J’ai moins apprécié les histoires, parce qu’elles sont plus réalistes et ne possèdent pas la magie de ses autres œuvres. En même temps, j’apprécie fortement les histoires fantastiques chinoises écrites par Natsuki Sumeragi…
Sous la bannière de la liberté est la dernière œuvre de l’auteur à être traduite en France, mais je n’ai pas trop aimé ce manga que j’ai trouvé fade et un peu artificiel. Malheureusement, je n’ai pas pu le relire pour décrire son contenu, je pense qu’il doit être dans un carton bien rangé, trop bien rangé même
(hahaha pour un article sur les œuvres d’un auteur, je fail un peu là)
Akata a eu décidément une bonne idée en traduisant Natsuki Sumeragi, car je n’avais jamais entendu parler d’elle auparavant ni sur Internet, ni sur aucun autre support d’information et j’aurais manqué une dessinatrice pleine de talent qui éblouit à chaque page. Ce que je trouve par contre dommage est la faiblesse du scénario de certaines de ses nouvelles, qui sont parfois redondantes. Elle est assi créditée pour sa participation à un recueil de comics sur Spider-man et autres héros Marvel, mais je ne sais pas trop si il s’agit bien d’elle, Marvel et ses héros sont un monde bien éloigné de ses thèmes de prédilection…
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(Attention, dans cet article, je me considère comme faisant partie de la communauté otaque.)
Aaaaaah, quelle joie ces derniers temps de lire la presse française qui parle du Japon! Outre le merveilleux article de Libé évoqué dans l’article d’Amana précédemment chroniqué ici, je viens de me procurer un exemplaire du Le Monde magazine n°5 du samedi 17 octobre 2009, gardé de côté par ma mamie et rapatrié par mes parents de leur séjour chez mes grands-parents le week-end dernier. Soit dit en passant, elle roxe ma mamie, parce qu’elle garde plein de petites coupures des journaux du Monde qui peuvent m’intéresser depuis des années (et sur ce point elle est mieux que la meilleure des meilleures revues de presse), et elle a eu ses 82 ans en début de mois. Joyeux anniv’, mamie.
Le Monde magazine du 17 octobre (je sais, ça fait déjà 3 semaines qu’il est sorti) fait sa couverture sur un(e) japonais(e) en cosplay et continue en page 22 sur un article très long de 8 pages abondamment illustré sur la “Japan mania” et toute “une génération qui préfère Dragon Ball à Mickey”. Bon, déjà je ne vois pas l’incompatibilité première entre Dragon Ball et Mickey, on peut très bien aimer les deux. Bref.

Et puis j’ai lu l’article et je l’ai détesté. Encore une fois, on nous prend pour des cons et des attardés mentaux. Donc, cher lecteur ayant par hasard atterri sur mon modeste blogue, l’article que tu vas lire est une grande tirade haineuse qui exprime tout le fiel que j’ai accumulé à l’encontre des pseudo-journalistes qui croient faire des articles à sensation sur le Japon et plus particulièrement le manga, l’anime et les otaques (français mais c’est pas grave). Toutefois, cher lecteur anonyme et bienveillant, ne pars pas tout de suite, je t’assure que je suis très gentille et que je ne mords que rarement en vrai.
Mais quel est le fond de cet article? Sur la couverture, en-dessous du titre en rouge, il est possible de lire “comment la pop culture japonaise a conquis la France”. Là, je me suis dit que c’était déjà mal parti. Car devant un vrai sujet de fond, c’est à dire l’exportation massive par le Japon et ses entreprises elles-mêmes de produits culturels de plus en plus variés, qui est très rarement abordé dans la presse française (qui préfère se branler sa petite nouille en parlant des (rares) japonais attirés par la France, tellement plus pratique et simple à investiguer), se promène en espèce de gros marronnier un sujet bien bateau : les français attirés par la culture “mangasse”.
En ouvrant le mag pour aller à la première page de l’article, mes craintes ont été confirmées : grosse photo de cosplayeurs en costumes D Gray-man, je sens la grosse bouse bien puante et collante arriver. Qui se manifeste d’ailleurs dès la première ligne : “La jeune fille à l’ombrelle conquérante (olole, une ombrelle Napoléon) marche d’un bon pas sur le boulevard ensoleillé”. Ça, ça sent à plein nez le journalisme d’investigation. Le vrai, l’unique, le journaliste de terrain (qui est une femme). Qui, dès le premier paragraphe, décrit des cosplayers dans un style tellement méprisant qu’il n’y a même pas besoin de lire la suite pour savoir que la rédactrice n’aime pas le cosplay : le passage “lui s’est glissé dans une combinaison de style indéterminé, mi-astronaute, mi-sac poubelle” est à cet égard très révélateur. Et en tant que cosplayeuse (feignasse), je me sens un peu vexée, il faut bien dire.
Passons. La journaliste, comme nous les découvrons dans le paragraphe d’après, se rend tout simplement à la convention Epitanime, qualifiée de “monde parallèle”. Parce que ouais, le “mangasse”, c’est un monde “qui se présente sous la forme d’un iceberg”, dont la partie émergée est le fameux manga, qui oh bizarre fait fureur chez les enfants. Hé mais, attends, là, on était à Epitanime et après on nous parle d’enfants et de dragon ball? Olole, encore une fois, le journaleux français est pris à son péché mignon : décrire EN PLEIN ARTICLE ce qu’est un mangasse. Il ne PEUT PAS s’en empêcher, c’est dans ses gènes : IL DOIT dénoncer le mangasse qui est dangereux parce qu’il est PARTOUT. En n’oubliant pas, bien sûr, de dire combien le marché du mangasse fait mal à la bédé franco-belge, hein, pour peu on parlerait aussi de la délocalisation des industries textiles en Chine, parce que c’est à côté.
D’autant plus que “les héros de papier n’hésitent pas à sortir de leurs cases : leurs fans les retrouvent sous forme de dessins animés, de films, de figurines et autres produits dérivés”…. ATTENTION! ILS VONT NOUS ENVAHIR! Même la musique jap déferle chez nous, il faut dire : les majors françaises du disque vont disparaître sous la montagne de tubes japonais passant à la radio. Mais qui est franchement capable de sortir plus d’un label de disques japonais sortant en France? Et putain, elle parle même de Ball jointed dolls (BJD) ; genre, olole, les filles rejouent à la poupée japonaise, parce que ça fait plus classe que la Barbie (à 200 euros la BJD, hein.). Et notre journaleuse trouve dans le même paragraphe de 6 lignes de quoi caser Hello Kitty, Kenzo, Fructis, les futons, Pokémon, Epitanime et les sushis. Bon palmarès, j’applaudis des deux moignons.
Bref, nous revenons dans la partie suivante au compte-rendu d’Epitanime, dans la joie et la bonne humeur, écrit par une journaliste qui n’aime apparemment pas le manga, trouve très marrant de parodier la culture japonaise dans ses propos et n’a pas du tout envie d’écrire son article de façon objective. Car décrire le parking souterrain d’Epitanime comme “un supermarché du manga, très fourni” “pour trois jours”, c’est soit se foutre de la gueule du monde, soit avoir confondu avec Japan Expo, soit ne pas avoir dépassé l’entrée dudit “supermarché”. Parce que ce n’est pas un supermarché contrairement à la Japan Expo (ou alors un tout piti, une supérette tout au plus), que les ventes n’ont lieu que sur 2 journées (samedi journée et dimanche) et que le fanzine qui occupe pas mal de place, relégué cette année au fond du parking, n’est pas de l’officiel. Nous embrayons ensuite avec une interview du chef de l’organisation de la convention en 2 lignes, puis sur le “phénomène” des fans vieillissants, qui ont grandi avec… Le Club’ Do. AYE, CIBLE VERROUILLEE, on est en terrain connu. Putain, que c’était long à venir, n’empêche, presque 3 pages de blabla sans évoquer notre brave vieille Dorothée, si reconnaissable et si… française, au milieu de tant de séries japonaises étrangères. Dorothée, qui a favorisé la reconnaissance de Miyazaki et est à l’origine du boom du manga, ainsi que l’arrêt du génocide des bébés phoques. Ouais, ça en fait des lauriers, hein. Et au passage, on en rajoute une couche sur les enfants de la génération Club’ Do qui n’ont jamais su grandir, ça fait toujours plaisir. Enfin, je ne me sens pas concernée, je n’avais pas la télé quand j’étais petite, alors le Club Do’, olole, je ne connaissais pas et ça ne m’a pas empêchée de tomber dans la marmite.
Reviendus à Epitanime, on passe au cosplay, “légèrement vêtue forcément” pour la fille qui se présente sur l’estrade, avant le karaoke et ses participants qui “chantent ‘en yaourt’ extrême-oriental”. C’est finalement assez pour Epitanime, qui en ressort pas très grandie, avec un compte-rendu très partiel et partial. Mais bon, on a l’habitude.
On passe ensuite à une partie plus intéressante de l’article : des chiffres de ventes! Des dates! Des raisons enfin objectives du succès du manga! Après 4 pages de niaiseries gluantes, ça fait du bien…. Interview de Jacques Glénat et de Jean-Marie Bouissou, évocation du réseau Manga Network et des résultats d’une enquête sur les publics de lecteurs de manga. Bon, on y est à peu près, l’article démarre, l’auteur est un peu moins narquois et évoque même la Japan Expo sans s’en moquer comme il l’a fait pour Epitanime…. Un peu comme si Epitanime était une petite soeur un peu crade et honteuse de Japex, on croit rêver. On passe à un aspect plus lisse et commercial, évoquant les éditeurs français de manga et magazines, les relations du mouvement manga avec le monde du musée, les échanges commerciaux avec le Japon. Parfois sans aucune nuance, sans aucun recul : comment parler de Japex sans parler un minimum de la portée commerciale de l’évènement?
Et là, c’est le drame : au pénultième paragraphe de l’article, le journaliste aborde enfin le sujet de fond : comment les japonais reprennent peu à peu la main sur les exportations de manga, animes et prennent conscience de leur pouvoir de séduction, le “soft power” japonais (le rachat de Kaze est un bon exemple), mais trop tard, l’article est fini…
Il aura fallu quatre pages de ce que le journalisme a de pire dans le bouseux et l’immonde pour arriver enfin à exprimer, dans les pages restantes, un peu du haut de l’iceberg du marché du manga, qui n’a pas beaucoup de rapport avec celui que décrivait le journaliste, qui selon moi a complètement raté son article et aura fait en prime passer les otaku pour de gros gosses incapables de grandir, niais et attardés mentaux. Je hais cet article, qui m’a pourtant appris 2-3 choses, parce qu’il me prend pour de la merde. Je hais cet article parce qu’il n’a aucun recul. Je hais cet article car il n’a que trop tard perçu le vrai fond du problème. Et je hais tous les autres articles qui l’ont précédé, comme ceux qui le suivront, parce qu’ils referont les mêmes fautes et les mêmes erreurs.
Et bordel, que “mangas” est moche comme pluriel.
J’aime One Piece et Bleach, moins Naruto à cause de la trouzaine d’épisodes, d’une certaine similitude avec un autre manga et de l’attitude de certains fans qui me saoulent. Ce murmure du coeur (j’aime pas parler de cri, parce que sinon j’aurais écrit tout ça en caps-lock et c’est mal et puis ça nique les yeux) est inspiré par l’article de coindetable sur les 1 an de la Passion, qui est un article super bien écrit, super profond, super bien à lire que je suis super émue et super… enfin, super quoi.
Et donc, oui, j’aime Bleach et One Piece. Comme d’hab, je parle du manga, parce que je n’ai pas aimé la voix de Luffy dès le 1er épisode de la série animée, donc exit One Piece TV et que j’ai perdu pied dans Bleach à peu près au moment où j’ai arrêté d’avoir l’interwebz de façon régulière il y a 4 ans, pi de toute façon maintenant les deux séries sont sorties en France.
Bref, il y a apparemment des gens qui n’aiment pas ces séries, ce que je comprends, mais selon moi elles ont tout de même des mérites divers et variés qui sont essentiels pour la survie du petit monde de la japanime (voir le titre de l’article). Attention, suite de l’article structurée, que ceux qui n’ont pas l’habitude prennent le temps de se préparer psychologiquement, ça peut déstabiliser, à la limite du NSFW (not safe for work). J’espère par contre ne pas faire d’article redondant.
1 – elles aident à découvrir le monde de l’animation japonaise et du manga. Combien de gens ont découvert en leur temps la japanim par Dragon Ball, Sailor Moon et j’en passe? One Piece, Naruto et Bleach sont des “blockbusters” de l’animation/manga qui fleurissent en tête de gondole, qui ont une visibilité que n’ont pas beaucoup d’autres titres, donnent envie de lire/regarder parce que tout le monde en parle et qui a permis à mon petit cousin de 9 ans de me montrer comment lire un manga, avec son Yugioh dans les mains *émue*. Après, libre au lecteur de découvrir d’autres séries, c’est un peu dommage si il se cantonne à ces gros titres, mais tant pis, le lecteur n’est pas toujours très intelligent non plus.
2 – Bleach et One Piece sont quand même bien chiadés sur le niveau graphique pour une production quasi-industrielle, j’aime particulièrement les titres de chapitres du manga de Bleach, en général bien soignés. Bref, j’aime le graphisme et je vous merde. Et puis les intros de chapitre de One Piece, c’est bien aussi, parce que c’est rempli de clins d’œil drôles sur se qui se passe ailleurs que dans l’histoire principale. Et que les perruques afro, ça gère pas mal quand même.
3 – elles alimentent tout un réseau de fanfics et de doujinshi divers et variés qui constituent de vrais fandoms et font naître une communauté active. La fanfic et le doujin sont une bonne occasion pour découvrir des talents naissants (ou pas), tant au japon que partout ailleurs ; pour un auteur, utiliser un fandom connu et recherché par les fans est un bon moyen de se faire remarquer et parfois de lancer sa carrière. Parce qu’être fan d’un anime peu connu, c’est chouette, mais ça ne suffit pas toujours pour faire ses débuts si personne ne connaît
. A l’inverse, la profusion de fanfics/doujins sur les oeuvres connues noie les bons auteurs dans la masse…
4 – Cosplaaaaaaay! D’accord, voir 40 Naruto dans une convention n’est pas terrible, mais au moins, ils ont osé. Et puis les groupes Bleach bien faits, ça a la classe, surtout avec les grelots, là.
5 – ça fait lire les gosses. C’est con à dire, mais le syndrome Harry Potter a son équivalent dans le manga : le syndrome Naruto, qui fait que de très petits gamins sachant à peine lire réclament des bédés, de la lecture, alors que Naruto, ça a plein de pages et plein de tomes grands comme ça. Bien sûr, tous les petits lecteurs ne deviendront pas assidus de la lecture, mais c’est déjà ça, bordel. d’autant plus que lire aide à fixer l’orthographe. Vous imaginez, des kikoolol écrivant sans fautes?
6 – Yaoi. Ouais.
Bon, y’en a encore plein, des raisons, mais j’en ai oublié pas mal depuis mon premier commentaire sur le site de coin. Et pi merde, aimer quelque chose, c’est quand même subjectif, alors si vous aimez ces séries, pas la peine de se cacher, ni de ressortir des raisons à la con pour se justifier (ah merde, c’est ce que je viens de faire
).
Bon, mon article est un peu bizarre, mais cette fois je n’ai pas bu, j’ai juste eu un petit problème de petit ver de pomme tout nu qui s’est insinué dans mon estomac, je suis toute chamboulée et en surdose de protéines animales
s
Classé dans : Manga | Mots-clefs: Fumi Yoshinaga, Le pavillon des hommes, Manga

Ceci n’est pas une critique (car je n’ai pour l’instant lu que les deux premiers tomes) mais un message d’adoration pour Fumi Yoshinaga, qui a toujours dessiné des manga exceptionnels et continue, avec Le pavillon des hommes, de m’étonner par sa maîtrise du dessin de ses personnages (les décors ont toujours été un peu faibles, mais elle s’est visiblement améliorée) et le développement psychologique fouillé des protagonistes qui composent les deux premiers tomes de ce manga.
J’avais rapidement évoqué dans un article précédent son oeuvre précédemment sortie chez nous chez Casterman, All my darling daughters, un one-shot mature décrivant les relations entre une femme célibataire et sa fille qui pose en filigrane la question de la place de la femme au Japon. Si vous ne l’avez pas lu, précipitez-vous dessus, car ce manga, en plus d’être assez réaliste, est l’un des seuls exemples de manga qui aborde des questions féminines et féministes et reste très doux et tendre, bref très féminin (rigolez pas, je l’ai ressenti comme ça, mais si le genre vous attire, lisez aussi Broderies de Marjane Satrapi, c’est délicieux).
Le pavillon des hommes se situe (ok, de façon assez lointaine, mais bon) dans la veine “féminine” de l’auteur et propose une histoire assez originale : dans un Japon médiéval uchronique, une épidémie semblable à la variole décime par milliers les hommes, ce qui pousse la société à mettre en avant les femmes et préserver les hommes pour la reproduction. Attention, il ne s’agit pas d’un manga extrême qui fantasme sur le mythe des Amazones : la société japonaise ne change pas fondamentalement mais se féminise. Les femmes exercent plus de pouvoir et d’autorité que dans la société traditionnelle et ne sont pas inquiétées car les hommes sont trop peu nombreux pour remettre en question le transfert du pouvoir.
Le shôgunat est aussi désormais représenté par une femme, qui maintient dans le pavillon des hommes des centaines (800) de jeunes et beaux hommes, destinés à assurer sa protection, mais aussi à son plaisir sexuel.
Ce manga décrit deux époques de l’histoire de ce pavillon dans un récit imbriqué : dans le tome 1, le nouveau shôgun qui décide de savoir le contexte d’une loi du début du shôgunat féminin se rend aux archives (ouaiiiiis o/), se fait ainsi raconter les débuts du shôgunat et les sombres secrets qui l’accompagnent… Car sombres secrets il y a, en plus de beaucoup de sang, de meurtres et de larmes, j’espère que ce sera plus gai par la suite moi ;_;.
Pour l’instant, ce manga est très très bon et la fin du tome 2 laisse percevoir un développement intéressant par la suite. Précipitez-vous dessus, en ce moment Kana fait un prix très intéressant (5,50 euros) sur le volume, qui bénéficie d’une édition soignée avec pages en couleur internes et couverture en beau papier.
*se retrousse les manches et fait craquer ses doigts*
Okane ga nai!, ou No money en anglais mais choisi comme titre pour la sortie en France (snif), est un manga yaoi (oui, je reviens à mes premières amours) sorti cet été chez Asuka, et est pour une fois une série de plusieurs volumes encore en cours au Japon à mes dernières nouvelles (pas fraîches). Chose rare pour un manga, mais pas pour un manga yaoi (Rin!) il est réalisé à quatre mains, par Tohru Kousaka et Hitoyo Shinozaki, Tohru Kousaka se chargeant de la partie dessin et qu’elle dessine vachement bien quand même.
…
Je sens que je risque de me faire défenestrer par des fangirls en furie avant la fin de ma critique, mais continuons. Donc je critique ce manga avant la sortie de tous les volumes qui la composent en France, mais je pense avoir assez de recul (et avoir assez lu de scans dans mes jeunes années) pour me faire un apriori assez juste de ce qui va suivre. Mais attention, pas de spoilers, juste de simples et vagues allusions suffisent, de toute façon je suis sûre que quasiment tout le monde a déjà lu le scantrad, tellement cette série est devenue populaire via Internet et est devenue une référence pour pas mal de yaoistes. On aime ou on n’aime pas, mais la série ne laisse en tout cas pas indifférent. Je m’explique :

Oui, le jeune garçon sur la couverture est le uke qui s’appelle Ayase. Non, il n’a pas 12 ans, il en a 18 et va à la fac. De quoi? Ca ressemble à du shota? Mais non voyons, puisqu’on vous dit que le héros a 18 ans! Il faut vraiment être de mauvaise foi pour prétendre le contraire!
Bref, ce qui se remarque en premier et ce dès la couverture, c’est la jeunesse et la fragilité du uke, qui paraît avoir 10 ans, au mieux 12. Ca ressemble à du shotacon (relations amoureuses et sexuelles avec des enfants et des jeunes adolescents, entre eux ou avec un adulte comme c’est le cas ici), ça a le goût et l’odeur du jeune uke qui vient de naître shotacon, mais l’auteur nous spécifie que ce n’est pas du shotacon… Et là je m’interroge : comment Asuka a pu sortir ce manga sans aucun problème alors que la législation n’est pas si tendre pour la représentation d’enfants et assimilés dans une œuvre franchement limite (ayé, je suis devenue une grave déviante)? Ça fait toujours un choc quand on achète le vrai manga avec de l’encre dessus, même si on a passé du temps à mater les scans sur Internet.
L’impression de shotaconnitude du uke est renforcée quand il est à côté de “son” seme, Kanou, qui fait sa grosse armoire à glace et n’est pas vraiment fin pour deux sous à la fois sur le plan physique et intellectuel, même si il est très intelligent. En gros, le seme, qui appartient à la mafia et n’hésite pas à réduire en quasi-esclavage ses clients qui ne parviennent pas à rembourser les sommes qu’il leur a “gentiment” versées, se comporte au départ comme une grosse brute envers Ayase et n’a pas volé son titre de seme connard, en plus d’être un obsédé fini (je vous avais bien dit que ça commençait bien).
Ouais, c’est un couple super bien assorti que nous propose au départ ce manga, tout en finesse en douceur, à peu près comme un char d’assaut qui viendrait sauver une espèce animale fragile en voie de disparition de dangereux bandits qui veulent lui faire des misères, car c’est à peu près ce qu’il se passe : Kanou vient sauver Ayase d’une vente aux enchères portant sur le corps d’Ayase en proposant au vendeur une très grosse somme d’argent. Mais une fois arrivés chez Kanou, Ayase qui se réveille n’a aucun souvenir de Kanou, alors que celui-ci se souvient très bien d’Ayase à cause d’un truc gentil qu’Ayase aurait fait pour le sauver alors que Kanou était dans la panade (enfin, on suppose). Kanou, qui se rend compte qu’Ayase ne se souvient pas de lui et ne se comporte pas du tout comme prévu, a une réaction originale : puisque c’est le cousin d’Ayase qui a piqué des sous à Kanou avant de vendre Ayase pour rembourser la dette et que Kanou en a versé en plus pour racheter Ayase, Ayase n’a qu’à lui vendre son corps pour payer les millions qu’il doit à Kanou, sachant que chaque acte sexuel est facturé 500000 yen (ayé vous suivez?). Oubliées, les prétentions philanthropiques, vive le seme bulldozer, qui viole le pauvre Ayase sans vergogne (je me demande comment ça rentre, vous savez, la chandelle là, le pauvre Ayase n’a pas des hanches extensibles). Le plus étonnant est qu’il est surpris quand Ayase veut l’éviter par la suite et qu’il ne coopère pas du tout… Bizarre, hein?
Mais bon, nous sommes dans un manga yaoi, alors tout s’arrange (ou presque) par la suite : Kanou apprend à apprivoiser Ayase avec plus ou moins de bonheur, Ayase se rend compte que tout compte fait il est bien là où il est et qu’il aime Kanou (je me demande comment il fait, franchement, avec un mec qui se comporte comme un ours, peut-être la doublepensée? Ayé, j’ai réussi à placer une référence littéraire, chuis pas irrécupérable o/), cuicui les oiseaux chantent, sauf quand il arrive malheur à Ayase. Il faut dire que le milieu dans lequel il traîne semble vraiment pourvu de types pas nets, qui veulent soit enlever Ayase et le violer pour se venger de Kanou, soit complètement fantasmer sur Ayase au point que tout otaku fanatique est un enfant de chœur à côté ; le manga devient une sorte de remake du Petit chaperon rouge en permanence agressé par de gros pervers (et c’est n’importe quoi). Et c’est là où Kanou de rachète une virginité une conduite, parce qu’il arrive à protéger Ayase de tous les malades qui lui gravitent autour et c’est là où on perçoit l’intérêt du seme ours qui fait greu.
Mais bon, n’empêche que ce manga arrive par lui-même à générer une loi essentielle du manga yaoi : le uke n’a pas d’intestins et ne va pas aux toilettes. Jamais. Quand il y va, c’est pour se repoudrer le nez parce que son maquillage du parfait uke est un peu défraîchi.
Bref, un manga bien cliché mais tout de même marrant et sympa à lire, sauf si un uke qui a l’air d’avoir 12 ans vous rebute, car cela rend le manga assez spécial (pour les autres, c’est open shota). On n’a jamais dit non plus qu’un manga yaoi devait être réaliste et c’est heureux car celui-ci part carrément en sucette (c’est assumé hein), avec l’impression que les personnages ont fumé un truc pas très net avant de commencer leur scène. Par contre l’auteur nous gratifie d’images censées être choupites (je ne parle pas de celles quand il est petit) d’Ayase dans des costumes différents, mais franchement c’est super mal dessiné, elle ne sait pas faire les plis de vêtements et presque tous les vêtements d’Ayase sont moches.
Me revoilà… Pour qu’il n’y ait pas de méprise, le dernier billet n’était pas une blague, j’ai vraiment pensé à couler mon blogue et à ne plus jamais remettre les pieds dessus. Donc pas de “Tadaaam ~je vous ai bien eus”, ce n’est pas mon genre, tout simplement parce que je trouve ça malhonnête pour ceux qui prennent la peine de me lire régulièrement. Je suis partie parce que je n’étais plus motivée, parce que je ne suis pas dans une période faste de ma vie active, blabla, et aussi parce que des petits commentaires irl qui se voulaient anodins sur ma capacité à construire un raisonnement structuré (ouiiii, la bêêêêêêête est toujours là) ont eu un effet démesuré sur ma pauvre (mouhaha) personne qui s’est posé trop de questions inutiles et complètement à côté de la plaque.
Pour les gens qui se disent que penser et s’exprimer de façon structurée est vraiment un truc secondaire, c’est une question qui me bouffe depuis des années, parce que c’est un truc qui m’énerve : je pars parfois dans des hors-sujets interminables sans prévenir, que ce soit dans une discussion (pas trop grave) ou sur une copie (plus grave). Bref, rassembler ses idées et avoir un raisonnement qui tient la route, c’est pour moi un but à atteindre. Je porte bien mon prénom, tiens, mes parents auraient mieux fait de m’en choisir un autre, moins rêveur et fouillis. Bref.
Et puis, dans mes questions idiotes existentielles à 2 francs (pour les plus jeunes, le franc est l’ancienne unité monétaire en vigueur en France avant l’arrivée de l’euro), je me suis souvenue du pourquoi de la création de ce blogue : pouvoir parler de ce qui me plaît, bien sûr, mais surtout m’entraîner à l’écrit pour bien maîtriser mes pensées et mon écrit. Bigre, palsambleu, voilà qui était bien pensé! Cette simple pensée m’a donné envie de revenir. Donc me revoilà, pour des raisons certes pas très glamour ni otaquesques (mais après tout, je ne suis pas une otaku), mais j’ai encore des choses à dire, j’ai encore des vannes pourries en stock et une montagne de manga yaoi qui attendent une petite review. Entre autres.
Donc je commencerai par chroniquer le BexBoy mag n°2, fraîchement arrivé par chez moi, parce que j’en ai envie : Après avoir enlevé le blister (bouuuuuh yaoi c’est maaaaaal, il faut mettre du plastique pour éviter que les jeunes gens soient corrompuuuuus), ce qui frappe au premier abord est l’encre utilisée qui pue, pas bon signe ça, mais après avoir aéré mon exemplaire, c’est devenu acceptable. Sinon la couverture est sympa et les titres sont toujours aussi bien : pour moi qui attendais plus spécialement Yebisu celebrities et Silent love, ce n’est que du bonheur. J’avais gardé un souvenir vague de Welcome to the chemistry lab, qui a l’air intéressant. Ma vraie découverte du magazine est My demon and me, qui a un début assez original, mais qui me fait penser à Private magician de Takashima Kazusa, avec un lycéen qui invoque un magicien pervers enfermé dans une petite boîte.
Le petit canard du mag reste quand même Viewfinder, que je n’apprécie pas vraiment, les scènes hard sans raison de cet auteur me laissant de marbre. D’ailleurs mon libraire est tombé dessus en voulant feuilleter le mag n°1, il en a gardé un souvenir ému et surtout fuit maintenant le magazine comme la peste ^^”.
Sinon, j’ai une question : pourquoi ce mag de prépu manga a une page “horoscope” et un mot croisés? C’est juste histoire de me foutre en rogne ou quoi? J’avoue que je ne pige pas et surtout je ne veux pas comprendre : un horoscope n’a rien à foutre là-dedans, ce n’est pas un magazine de mode. Je veux bien que la cible visée soit la population féminine en général, mais le mélange des genres n’a jamais rien apporté de bon. J’espère en tout cas que ce mag ne deviendra pas un second Magnolia….
Sakende yaruze!, qui a été traduit en anglais sous le nom Shout out loud! (je ne la ferai pas en français, je n’ai aucune connaissance en japonais, alors traduire un titre…) est un manga yaoi écrit et dessiné par Satosumi Takaguchi, qu’il est bien et que je ne désespère pas de voir un jour arriver en France. Ce manga est un peu spécial dans le genre, car il oscille entre le manga yaoi classique et le manga “tranche de vie”. De ce fait, la progression de l’histoire y est plutôt lente et elle se conclut après 5 volumes bien remplis.

Quand tu as besoin de pleurer, pleure! Quand tu dois crier, crie!
Sakende Yaruze raconte l’histoire d’Hisae Shino, un homme âgé de 33 ans, qui découvre au début de l’action du manga qu’il a un fils de 17 ans, Nakaya, né d’une relation avec sa seule petite amie au lycée et dans le même temps que celle-ci est morte il y a plusieurs années. Nakaya était venu raconter son histoire à un père qu’il n’a jamais connu et lui dire ses quatre vérités, en ayant (entre autres) pour objectif de lui faire du mal. Au final, il est surtout surpris d’avoir un père qui paraît si jeune, fragile et à la voix quasiment féminine, qui n’était pas du tout au courant de son existence et qui pleure quand il entend que la mère de Nakaya est morte. Nakaya, qui vivait auparavant avec sa grand-mère (imaginez une vieille bique austère dans une maison japonaise traditionnelle), finit par trouver qu’il se sent bien chez son père et finit par squatter chez Hisae, qui n’a rien contre.
Grand embarras pour Hisae quand est finalement obligé de révéler sa profession à son fils : il est doubleur d’animes, autrement dit un seiyuu et double des personnages gentils à la voix féminine (imaginez la tête de Nakaya x3).
Dès lors commence une cohabitation un peu bizarre des deux hommes, entre Hisae pas très habitué à avoir son fils chez lui (alors en plus un ado de 17 ans bourré d’hormones, accro au hockey sur glace et deux fois plus musclé que lui, c’est pire), ni même à avoir qui que ce soit chez lui, et Nakaya habitué à la vieille grand-mère austère, qui découvre que son père est en fait encore un grand enfant parfois incapable de s’occuper de lui-même (Nakaya doit parfois s’occuper d’Hisae complètement à la ramasse) et qui a un travail tout de même assez précaire.
Car être doubleur comme on le voit dans ce manga, c’est avant tout avoir sa seule voix comme outil de travail : une journée de maladie est une catastrophe, ce n’est pas un emploi très bien payé et Hisae demande à son manager d’accepter n’importe quel contrat pour pouvoir s’occuper correctement de Nakaya (c’est à dire, tout accepter pour avoir assez de sous à la fin du mois pour faire manger deux personnes).
Là, Hisae apprend que 1- les drama cd tirés de manga yaoi marchent pas mal, que 2- il est prédestiné à jouer le uke à cause de sa voix féminine et que 3- ça tombe bien, ses contrats “en plus” sont tous des doublages de uke de drama cd yaoi. Hisae n’est pas très content, mais il s’exécute quand même, vu qu’il est demandeur et que Nakaya mange quand même beaucoup à cause de son activité sportive.
*là, c’est le moment où les fangirls qui ont déjà lu le manga disent “youpiiii!”*
Et sur le plateau de doublage, si Hisae joue les uke, les seme sont quand à eux souvent doublés par Tenryuu, bel homme ténébreux qui a de l’expérience, la classe, un bon brushing et surtout un regard super… ténébreux *fond et tombe par terre*. Bref, Tenryuu-san, c’est de la bonne. Hisae et lui s’étaient rencontrés il y a des années de cela, lorsque Hisae faisait ses débuts, puis les deux hommes s’étaient perdus de vue. Hisae considère toujours Tenryuu comme son “sempai”, mais il est clair que ce dernier n’a pas du tout les mêmes intentions (qu’il avait dès leur première rencontre) et qu’il n’a pas l’intention de laisser filer Hisae maintenant. Tenryuu va donc essayer de ramener Hisae entre ses bras, tout en faisant attention à Nakaya qui s’est donné pour mission de protéger son père et n’a pas l’intention de le lui laisser, à d’autres doubleurs intéressés par Hisae (un uke innocent, c’est quand même assez excitant), et surtout à Hisae lui-même, qui ne sait plus très bien où il en est.
En bref, j’adore ce manga. En très bref, j’adore. (haha)
Dans un premier temps, les protagonistes sont dans une situation différente des manga yaoi “classiques” : le uke et le seme ne sont plus très jeunes et ont la trentaine bien tassée, ont déjà fait leurs expériences de leur côté (même si pour Tenryuu elle se termine par un divorce et qu’il ne peut plus voir sa fille tous les jours) et ont un travail dans un milieu assez atypique (le doublage) dans lequel ils sont reconnus et n’ont plus à faire leurs preuves.
Pourtant, rien n’est acquis : la situation d’Hisae va basculer le jour où Nakaya vient sonner à sa porte, le confrontant à son propre mode de vie, ses échecs et ses difficultés à envisager l’avenir. Il est ainsi coincé entre les standards de la société japonaise qui demande aux individus d’avoir un emploi stable, se marier puis d’avoir des enfants, et son propre mode de vie, imprévisible, dans un milieu méprisé par les gens bien-pensants (du genre la grand-mère de Nakaya, elle fait une de ces tronches quand elle finit par écouter les fameux drama-cd yaoi…) et sa vie solitaire bien rangée de vieux garçon. Hisae, qui essaie pour Nakaya de se ranger du “bon côté” de la société, se fait un peu plus tard chambouler par Tenryuu et devra choisir entre une vie “dans les normes” et accepter son penchant pour Tenryuu.
Ensuite, ce que j’aime dans Sakende Yaruze! est aussi sa transcription du quotidien, fait de choses très simples : Hisae qui fait la cuisine, Nakaya qui tombe au hockey ou qui a des problèmes avec sa copine, Tenryuu qui téléphone à son ex-femme pour savoir comment va sa fille ; toutes ces scènes qui sont faites pour renforcer l’impression de proximité et de réalité des personnages fonctionnent parfaitement bien. Hisae pourrait être n’importe quel tokyoïte, il pourrait même être réel. Et puis Tenryuu bourré, c’est hmmmm *_* (oui, je fangirlise.)
Bref, un pavé pour une histoire réaliste et complexe (mais comment décrire une histoire qui est ancrée dans le quotidien?), des personnages attachants, tous très bien dessinés (*bave*), la mangaka faisant des merveilles à la fois dans le dessin et la mise en page. Et si cette histoire n’est pas pour le moment arrivée en France, ce manga est disponible en anglais aux USA chez l’éditeur Blu, avec des couvertures assez moches qui se plient facilement, mais à moins que vous soyez absolument allergique à l’anglais, lisez-le, ce manga est un indispensable de yaoithèque.
Et que je veux Tenryuu pour mon 4 heures.
*images à mettre : où es-tu petit manga, petit petit petit….*
Il fait chaud, très chaud. Je me liquéfie, ma cervelle sort par mes deux oreilles, je suis en sueur rien qu’à taper sur mon clavier, l’eau fraîche et le saucisson sont à 10 mètres en comptant le virage de la cuisine, c’est trop loiiiiiiin, gniiiiiiiiiiiiii… Et puis, Flemme.
Donc, tant qu’à être sur un clavier, autant faire un article. Et le sujet de l’article, le voici : comment faire pour conserver le plus longtemps et préserver l’intégrité de sa collection de manga/doujin/choses en papier? Ou comment me réveiller de la flemme intellectuelle qui me prend depuis début juin, c’est-à-dire depuis le début de mon travail actuel, qui est un CDD, heureusement pour lui. En passant, je suis archiviste de formation et à la recherche d’un CDI intéressant, bien payé et aux conditions de travail plutôt agréables. Si vous en avez un sous le coude, je suis preneuse.
Voici donc quelques principes simples pour garder sa collection un peu plus longtemps, pour pouvoir un jour sortir vos vieux manga du grenier et dire à vos petits-enfants (ou petits-neveux) et dire d’un air entendu et d’une voix chevrotante “Ah, de mon temps, c’était autre chose”, avant de les laisser regarder vos ouvrages, sans toucher parce que ça les abîme.
1 – ne pas laisser son manga traîner au soleil direct pendant un temps indéfini. C’est con à dire, mais du papier exposé à la lumière jaunit, l’encre se désagrège et rend les couvertures jaunes. L’effet de la lumière est surtout visible sur les journaux, qui vieillissent très mal à son contact. Ca ne veut pas non plus dire qu’il faut les enfermer dans un coffre, la lumière indirecte suffit. Si cela vous arrive, ne tentez pas de les laisser 10 ans dans le noir complet pour redonner l’aspect d’origine de vos manga, l’effet de la lumière est cumulatif : votre exemplaire ne peut que se détériorer.
2 – faire régulièrement la poussière sur son étagère. Sans blague, la poussière c’est mal, même pour le papier. Ca attire tout un tas de bestioles qui n’ont pas l’air méchantes, mais qui attaquent le papier. J’ai déjà surpris un drôle d’insecte en train de bouffer mon papier peint, j’imagine même pas pour mes manga ;_;. En plus la vieille poussière s’incruste et est très chiante à nettoyer. Et puis faire la poussière, ça n’a jamais fait de mal à personne (“Euuuuh… Ah bon?”).
3 – Le papier a une durée de conservation optimale dans des températures entre 18 et 20, à humidité à peu près égale à 50%. Ne pas mettre sa collection dans une pièce humide et chaude, au hasard une cave avec un chaffe-eau à côté ou dans une salle de bains. La chaleur et l’humidité sont deux facteurs combinés du vieillissement prématuré du papier, qui est fabriqué à partir de bois et de colle. L’humidité contribue à faire gonfler le papier et la chaleur favorise l’apparition de petites moisissures, qui aiment bien qu’on s’occupe d’elles. A l’inverse, une atmosphère trop sèche rend le papier sec et cassant. L’alternance entre humidité et sécheresse est un combo fatal, le papier rend en général les armes en se disloquant tout seul. Vous aurez compris, l’alternance des saisons a aussi un effet sur le papier et des chocs thermiques répétés ne sont pas bons non plus.
4 – ne pas mettre sa collection à côté de populations à risque. Les bébés, les enfants qui apprennent à lire (ou à dessiner) et les animaux sont des facteurs déterminants pour une conservation entière de la collection. Ne pas oublier le facteur parental pour les plus jeunes, qui est souvent déterminant pour la conservation à court terme, surtout si le foyer est équipé d’une cheminée. De plus, le manga ne se lave pas. Le nutella et atres substances alimentaires collantes sont donc fortement déconseillées.
5 – pour prévenir un cas d’inondation si il y a un risque, mettez vos manga en hauteur, souvent une élévation de 30cm suffit. Vous vivez dans une zone inondable? Dommage pour vous. Le plan des zones inondables est disponible sur Internet.
En bref, ce ne sont que des conseils de base. Bien sûr, je n’ai pas noté le plus évident, à savoir que le papier est un excellent combustible, mais vous l’auriez deviné tout seuls :3. Vive les barbecues o/

[attention pavé]
Cet article est une suite de celui-ci, en réaction à celui-là. Parce que je suis sûre que personne n’a lu la revue consacrée au sujet.
Alors, oui, pourquoi tant de filles aiment-elles le yaoi? C’est la question que de nombreux garçons se posent, et j’ai, en filigrane, l’impression qu’ils se l’adressent plutôt à eux-mêmes : pourquoi ne m’aime t-on pas moi, moi qui suis en 3D, en chair et en os? Pourquoi ces filles préfèrent-elles des garçons irréels, pour la plupart d’apparence prépubère et qui font des choses bizarres même pas racontables tant ceci atteint le summum de l’horreur pour mon esprit viril et “homme”?
Pour savoir comment ce phénomène est né et a acquis tant d’importance, il faudrait revenir aux origines. Je n’en ai ni le temps ni l’envie, je me limiterai à quelques généralités (pour le reste, lisez la revue, nom de dieu!) : le yaoi est né dans le fanzinat et le doujinshi, faits par des femmes, pour des femmes, dans les années 1970, de façon marginale. Il s’est vraiment développé dans les années 1990 puis a atteint une création et un auditoire croissants dans les années 2000, surtout avec l’arrivée massive d’internet dans les foyers. Le boy’s love, équivalent commercial du yaoi, a suivi cet essor.
L’originalité du courant est que tout le monde peut y participer : il n’y a qu’à voir le nombre phénoménal de fanfics/fanarts/doujinshi yaoi Naruto ou Harry Potter pour s’en convaincre. Mais ce n’est pas pour autant que règne l’anarchie et le public est le seul juge : comme dans tout milieu, certains auteurs sont reconnus alors que des milliers d’autres resteront dans l’oubli, ce qui, vu la qualité de leur prose/dessin, n’est pas si mal. Personnellement, j’ai connu l’époque du fandom Gundam Wing, très vivace et diversifié et j’ai vu passer des choses extraordinaires… et des navets, mais bizarrement, j’en ai vu que très peu.
Le yaoi suit des principes simples : tout est faisable, à condition de bien le faire et d’assumer. Il peut très bien exister des fanfics/doujinshi dérivés du principe même du YAOI (YAma nashi, Ochi nashi, Imi nashi : pas de pic, pas d’histoire, pas de sens, j’adore les acronymes) qui n’ont aucun but à part de coller deux personnages ensemble (souvent avec des scènes de H, PLEIN de scènes de H), ou des romans-fleuve sur deux personnages qui s’aiment d’un amour tendre imaginé par l’auteur.
Et puis il y a le Boy’s Love, l’équivalent commercial du yaoi, que je nomme sur mon blog aussi yaoi, par commodité et flemme (4 lettres contre 9, yaoi wins par KO). BD, jeux vidéo, anime, drama cd, tout est bon pour satisfaire l’envie de la fan par des moyens légaux et bien souvent chers, contrairement aux doujinshi écrits en japonais et pas forcément compréhensibles par tout le monde. Enfin, ça amène aussi pas mal de teams de scantrad yaoi, ce qui a été une bonne chose pour faire découvrir le mouvement, mais ceci est un autre sujet.
Bref, revenons au sujet principal, LA question que tout le monde se pose, avant que je ne perde encore dans des digressions qui me font perdre le fil directeur de l’article. En même temps, ceci est le premier article officiellement écrit sur un traitement de texte avant publication, j’innove mais le sujet le mérite.
Donc, pourquoi les filles aiment-elles le yaoi ?
Pour répondre à cette question, posons préalablement d’autres questions : avez-vous déjà lu un manga shojo de base (Karekano, PSME, Skip Beat et consorts ne sont PAS des shojo de base) ? Si oui, avez-vous aimé le manga shojo de base ? Pensez-vous que la fille de base avec des neurones en état de marche aime elle-aussi le manga shojo de base ?
Si vous avez répondu non à toutes-ou partie de ces questions, surtout la dernière, je vous félicite. J’aime le manga, mais je n’aime pas le shojo de base, ou les ersatz de manga pour filles mettant en scène une héroïne crucruche, nunuche, qui n’est pas spécialement intelligente, mais qui aura toujours le beau gosse à la fin. Pourquoi ? Parce que le manga shojo –de base- avec son héroïne cruche n’est pas représentative de la vraie vie, de ce que je vis tous les jours. Non, faire un test de compatibilité amoureuse entre lui et moi, spas ma tasse de thé, désolée (hein, ;_; ). Non, je n’ai pas d’angoisse capillaire entre les nattes et la queue de cheval, la queue de cheval est vachement plus simple à faire (en plus j’me suis coupé les cheveux :3). Non, je n’ai jamais eu de dilemme sur une marque de parfum, un sac ou un régime. Et puis je n’ai jamais chopé le beau gosse de ma classe, surtout qu’il n’y en avait pas, la filière littéraire n’étant pas vraiment pas un bon filon et qu’avant je trouvais les mecs un peu lourds. Mais bon, je me suis rattrapée depuis.
Bref, je n’arrive pas à m’identifier à une héroïne de shojo, je la trouve trop fille. C’est un sentiment que j’ai du mal à expliquer, mais on va dire que j’ai du mal à me sentir bien à côté de « vraies filles », qui parlent de mode, maquillage et mecs. En même temps, je ne sais même pas si ça existe vraiment ce genre de créatures… la cinquième dimension, je vous dis. Mes copines à moi savent généralement de quoi je parle quand je dis « Ook », « lolcat » ou « mmorpg ».
Rappelez-vous des bases, le yaoi est un sous-genre du shojo, donc du manga pour filles. Qui est fait par des filles, pour des filles qui ont des neurones et ne veulent lire de belles histoires, et pas forcément que celles-ci soient une mauvaise bouillie plus belle et plus optimiste de la leur (j’ai d’ailleurs eu du mal avec Fruits Basket). Elles n’ont pas forcément envie de voir une héroïne plus nulle qu’elles tout réussir parce qu’elle est « trop mignonne » et subir un effet de miroir inversé qui leur renvoie une image négative de leur propre personne. Elles n’ont pas non plus forcément envie de lire une histoire où tout se termine bien, avec pour perspective mariage, naissances et servir de bonniche de la famille pour toute une vie. Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me plombe le moral qu’une histoire me rappelle que je suis génétiquement disposée à concevoir et à devenir maîtresse de maison. Et je ne suis pas la seule.
Le yaoi permet de s’affranchir de tout cela. Le yaoi est d’abord une histoire d’amour quasiment impossible entre deux personnes, chose que certaines filles adorent (dont moi), avec pour base des fantasmes de femme. Le yaoi ne met pas en jeu une héroïne avec qui on doit s’identifier : dans le meilleur des cas, l’identification se fait avec l’un des deux héros, ce qui est plus gratifiant qu’une héroïne nunuche, mais la lectrice peut rester simple observatrice de l’histoire. Le yaoi s’affranchit des conventions sociales et de la barrière des sexes : c’est un amour qui ne tient pas compte des préjugés, comme on le voit dans Zetsuai. C’est le hasard fait qu’ils soient tous les deux des hommes, Koji étant persuadé qu’il était tombé amoureux d’une fille.
C’est de plus un amour de deux personnes qui sont sur un pied d’égalité, ce qui est un point important en faveur du yaoi. En effet, les deux hommes sont considérés comme égaux, à part au lit, de par leur nature d’homme. Bien sûr, il y a des cas spéciaux (Okane ga nai), mais la plupart des manga mettent en scène des (jeunes) hommes matures, capables de réfléchir par eux-mêmes et indépendants. D’ailleurs, j’adore Sakende Yaruze pour ce côté-là. C’est une différence majeure avec le shojo, car il y a quasiment toujours l’ambivalence fille à protéger/garçon qui protège dans le manga pour filles, avec toutes les variations possibles. Et ça, quand on connaît un peu comment peuvent dévier les relations fille/garçon dans la vraie vie, ça met un peu mal à l’aise. Car oui, les garçons et les filles ne sont pas à égalité dans une relation amoureuse. Surtout au Japon bien sûr, mais le succès du genre yaoi dans des pays différents montre bien qu’il y a un truc qui cloche et qu’il y a une vraie attente de la part des filles lectrices.
De plus, dans le yaoi, il n’y a pas de perspective d’avenir sexuée à connotation de reproduction, avec enfants à la clé. C’est toutefois une question qui est abordée régulièrement dans pas mal de manga yaoi, notamment Kizuna et New York New York, où Mel et Cain adoptent une petite fille. Et puis, bon, avouons, du sexe sans se soucier des conséquences, c’est un peu le bonheur rêvé pour pas mal de filles (non, la pilule et tout autre contraceptif à hormones, ce n’est pas la panacée. Zavez déjà lu sa notice d’utilisation ? Moi, j’aurais jamais dû regarder la case « effets secondaires ».)… Qui s’en donnent à cœur joie pour mater les ébats des deux mâles en rut. Ouais, le manga yaoi est tellement bien qu’il nous offre aussi deux beaux mâles tous nus en train de se tripoter.
C’est le même plaisir que celui d’un voyeur, qui permet aussi de comprendre un peu comment un mec est foutu. D’accord, ça ne va pas bien loin et c’est un peu l’équivalent des filles des manga H pour la population masculine, mais hé, des mecs aussi beaux en vrai, y’en a pas des masses, alors laissez-nous rêver nous aussi (pi les vrais, j’en veux pas, beurk). Surtout ceux avec des côtes tellement bizarres qu’on dirait qu’ils ont subi une opération pour s’en rajouter.
Bref, le yaoi, c’est mieux que Plus belle la vie pour les petits vieux : c’est un pur instant de relâche, à observer des vies différentes de la sienne, avec des héros pas niais de la même manière que des filles. C’est pourquoi je ne comprends pas vraiment pourquoi il y a une telle défiance à l’égard du genre parmi le public masculin : c’est destiné à un public de filles, pour des fantasmes de fille, ça devrait être tellement anodin qu’il ne devrait pas y avoir autant de disputes sur le sujet. Mais apparemment, certains ont du mal à concevoir qu’un homme puisse « devenir une fille », c’est-à-dire être pénétré, et ce même dans un manga pour filles. Tant pis, le mouvement yaoi répond à des fantasmes et des aspirations féminines, et est parti pour rester un mouvement actif pendant longtemps.
*edit* Genre j’aurais fait une faute d’orthographe dans le titre, moi.

