Hier est sortie la deuxième histoire de Gakuen Heaven.
C’est en fait une histoire parallèle au précédent volume, où l’auteur s’est posé la question suivante : que se serait-il passé si le roi n’était pas intervenu quand Keita se faisait à moitié violer dans la bibliothèque?
Réponse : il se serait entièrement fait violer, pardi. Avec moult fluides jaillissants et chandelles blanches, qu’on ne peut qu’imaginer.
Plus sérieusement, voici une histoire parallèle assez réjouissante, qui est certes cousue de fil blanc mais qui met en scène un type de couple qui n’avait jamais été représenté dans les manga yaoi sortis en France : le couple seme fourbe/ uke bête mais mignon. Mais bien bête quand même.
Keita est encore le uke dans cette histoire, la faute aux règles du yaoi. Il est en effet trop mou pour être seme, alors zou il se fait encore passer dessus, cette fois-ci par Hideaki, le second du “roi” Tetsuya, son petit ami dans le premier épisode. En plus il tombe en plein dans le syndrome de Stockholm : “ah je me suis fait violer, ah je tombe amoureux du mec qui m’a violé…” Bref un abruti complet et j’espère qu’on ne le reverra pas souvent dans les volumes suivants, qui ne seront plus consacrés à sa petite personne.
Hideaki, lui, avait déjà un bon potentiel de seme ultime dans le premier épisode, mais il conforte sa place dans cette histoire : oui, il mérite bien son titre. C’est de plus un stype de seme bien particulier : un seme fourbe, qui exploite les faiblesses des autres pour les retourner à son avantage. Hidéaki est également un seme gentil, sous-catégorie à l’intérieur de celle du “seme fourbe” à l’opposé de celle du seme “méchant”, car il manigance pour l’intérêt général. Même si Keita est trop con pour réfléchir 2 secondes et qu’il doute de son seme-chou, d’un doute bien sûr cornéliano-métaphysique hyper-grave dont l’issue déterminera du sort du monde entier, troublé qu’il est par les paroles du méchant.
Le grand méchant est très repérable dans un manga de You Higuri (voui, il y en a un dans ce volume, il apparaît à la page 8 pour les gens qui veulent savoir, mais je m’en tamponne le coquillard avec une babouche, comme de l’histoire. D’ailleurs je ne ferai pas de résumé parce que j’ai la flemme. Et puis l’article est trop avancé pour que j’en fasse un de toute manière.) : c’est le seul dont les yeux sont anormalement bridés, aux petites pupilles, avec une expression louche dessus, ce qui lui donne l’air cruel. C’est visible dans tous ses manga, tant pour les filles que pour les garçons. La vieille moche qui veut tuer l’héroïne dans Crown a cette petite particularité physique, par exemple. Partant de là, c’est facile de deviner ce qu’il va essayer de faire dans la suite de l’histoire… Vous ne voyez pas? Ca concerne Keita et des chandelles…
Oups, là je viens de spoiler sévère, mais en même temps on sait très bien que ce manga ne brille pas par son histoire mais bien par ses dessins et les fricotages entre personnages. D’ailleurs on voit Hidéaki tout nu vers la fin, ce qui confirme le fait que You Higuri maîtrise bien ses leçons d’anatomie, que Hidéaki dort tout nu et dans la foulée la loi n° 2 du yaoi.
Bref, encore un volume pas trop compliqué, où on ne se foule pas un neurone pour comprendre mais néanmoins bien dessiné. J’aimerais bien revoir mon petit uke ultime, le prof de biologie, dans les volumes suivants. Il m’a manqué dans celui-ci…
Gakuen Heaven est un anime qui fait couiner les Tata. Et les ratons. Couinages de douleur, parce que c’est exactement l’anime fan-service féminin fait par des hommes : on met ensemble des bishonen de toutes les tailles et de tous les goûts, on secoue et paf, ça fait des Chocapic. Et on regarde la pluie de filles et de yens tomber. Sauf que là, ça devient insupportable et les personnages sont confinés au ridicule des stéréotypes du yaoi. On peut se dire que c’est normal puisque l’anime est adapté d’un jeu de drague (est-il nécessaire de rajouter que c’est un jeu yaoi?).
D’accord, je n’ai regardé qu’un épisode de la série, et en plus la parodie faite par live-evil, mais j’y suis devenue allergique au bout de 10 minutes et l’apparition des “beaux gosses”.
Puis je me suis procuré le premier one-shot paru en France chez Tonkam, pour, entre autres, ne pas mourir idiote. Remarque préliminaire : la couverture est d’un très beau vert prairie, très artificiel et voyant, mais au moins on ne risque pas de le rater dans les rayonnages.
Puis on remarque aussi que les gens de chez Tonkam n’ont pas jugé nécessaire de le mettre sous plastique, contrairement à ce qui avait été fait pour les séries Kizuna ou Fake et on se dit que ça doit rester soft.
Les couleurs sont éclatantes et dessin est très beau, puisque c’est celui de You Higuri, déjà character-design sur le jeu et auteur entre autres de Ludwig II, Seimaden et plus récemment Crown.
L’histoire commence exactement comme dans l’anime et on suit ensuite le couple Keita Itou x Tetsuya Niwa dans leurs pérégrinations. Première remarque : Keita (le uke) est affreusement niais. Deuxième remarque : le personnage du professeur de biologie n’est pas très développé, mais je crois que l’on tient là notre uke ultime, blond, petit et très timide, potentiellement capable de se faire sauter dessus par tout le campus et pousser des “yamete kudasai” timides de jeune fille vierge pendant que le seme lui arrache sa cul… euh… sa blouse blanche *ahem*.
Tetsuya, le seme, est quant à lui le type de lycéen gentil, souriant et charitable qu’on aurait envie de secourir pour éviter qu’il ne tombe dans le piège de Keita. Qui n’en est pas un d’ailleurs, puisqu’ils s’avouent leur amour en haut d’une falaise surplombant la mer (y’avait pas un soleil couchant dans le lot?) après une course-poursuite liée à un malentendu comme il y en a tant dans les manga yaoi.
Enfin bref, le cliché parfait mais le problème c’est qu’il n’y a pas d’angst dans les chapitres précédents, rien qui montre que Keita ou Tetsuya sont amoureux l’un de l’autre, pas de plan fleufleurs ou nétoiles avec le nom de l’aimé entre guillemets (screenshot needed here), l’abêtissement de l’un des héros lorsqu’il s’aperçoit qu’il est amoureux ou la question lancinante “mais nous sommes tous les deux des hommes…” qui revient dans pas mal d’autres oeuvres. Ce n’est pas franchement nécessaire, mais ça aurait évité d’avoir l’impression que les deux héros sont parachutés ensemble à la fin par manque de pages.
Le second problème c’est qu’ils commencent à se tripoter juste après leurs aveux respectifs (je rappelle qu’ils sont sur une falaise rocheuse à côté de l’école, que c’est le soir et qu’il y a une fête juste à côté, faut qu’on m’explique POURQUOI y’a personne qui vient les déranger), pour finir par faire l’amour sur la falaise. Chouette. Avec des chandelles blanches dégoulinantes de partout et des gouttes de sueur. Méeuuuuh je pensais qu’on ne verrait rien moi x_X. Tonkam économiserait-il sur le plastique?
En bref, ce manga est parfait pour se détendre sans trop solliciter ses neurones. Les personnages sont des clichés du genre et la chute du manga n’est en aucune façon originale ou inventive. Ca recycle à la pelle, mais le graphisme est bon, alors…