Les gens qui traînent un peu depuis un moment sur mon blogue (et ceux qui discutent un peu avec moi sur irc) le savent, j’ai des tendances féministes qui s’assument pleinement et sont fières d’exister. Oh, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas déclarer que les hômes c’est le mâle (elle est nulle je sais) parce que mon zhom je le garde et je le câline vu qu’il me le rend bien, ni cramer mon soutif : il est joli, m’a coûté la peau du c** et en plus j’en ai besoin pour garder mes seins fermes jusqu’à mes 110 ans, sans effet gant de toilette. (En aparté, je sais pas si vous avez vu, mais les prix des soutifs de marque ont allègrement augmenté, c’est un scandale! Jvais pas non plus commencer à me fournir à H&M, vu la qualité de leurs culottes, je me ferais arnaquer comme au coin d’un bois.)
De par ma nature féminine (ahem *tousse*), je suis amenée à lire régulièrement des trucs appelés “magazines féminins”, dont au hasard Elle, Glamour, Biba, etc. Tout en reconnaissant leurs qualités distrayantes pour les neurones (quand on regarde une belle paire de chaussures de ce genre de magazines, on oublie qu’on est au chômedu et quand on cache le prix ça fait du rêve à pas cher. Mais quand le mag’ lui-même n’indique pas le prix, c’est en général parce que celui-ci flirte avec les trois zéros AVANT la virgule. Et n’a pas besoin des 99 centimes derrière pour paraître moins cher.), on peut sans crainte affirmer que le contenu rédactionnel est très faiblard, voire insultant pour nos neurones : en bref, en général saidlamerde, surtout sur les pages “sexo” et “vie de couple”, parfois abominables tant certains de leurs conseils sont à côté de la plaque.
Sauf le Glamour du mois dernier, parce qu’il a fait un article que je n’aurais jamais cru voir sur ce genre de magazine : ça dit enfin que les lectrices en ont marre des mannequins de 12 ans avec un corps de frite et que contrairement à ce que dit un monsieur nommé Karl Lagerfeld, voir des gens qui ressemblent aux lectrices “normales” (soit ne faisant pas du 34 pour 1m80) en couv’ des magazines, ça fait nettement moins stresser sur son propre poids de lectrice complexée. Je parle de la lectrice normale, hein, parce que perso, les régimes minceur, je m’en tamponne le coquillard. Mais voir Lizzie Miller faire des photos pour Glamour USA et susciter autant de réactions positives alors que le modèle n’a pas tout à fait les formes d’un mannequin, ça fait énormément plaisir. Si ça se trouve, les bonnes résolutions ne tiendront que 2 mois, puis tout redeviendra comme avant : mannequins anorexiques, fringues trop chères que même si tu te cotises pendant 1 an tu ne pourras pas te les payer, véhiculage de clichés en nombre important et absence de vrais sujets importants de fond touchant la femme moderne ; mais tout peut aussi changer, on verra bien. Brigitte s’y attelle déjà (pour ceux qui ne lisent pas l’allemand, le titre veut dire “sans top-models : les premiers shootings”).
Et puis je suis tombée par hasard sur Causette et ce qui m’a semblé être au départ un magazine féminin de plus. Eh ben je me suis trompée (hihihi) : Causette, magazine “plus féminin(e) du cerveau que du capiton” en référence aux mags habituels, est un vrai magazine de fille. Qui parle de choses de filles, mais de vrais débats et de vrais problèmes, sans prendre la lectrice pour une neuneu. J’ai découvert le magazine cet été, alors que je squattais de façon un peu crevarde chez un copain, avec le n°2 du magazine laissé sur une table par une de ses colocataires. Ce numéro était consacré à la contraception et tout ce qui gravite autour (planning familial, avortement…), eh ben j’ai appris des trucs vraiment utiles, autres que l’habituel “mon copain a déchiré son préservatif et je ne prends pas la pilule, suis-je enceinte?” avant de passer à la dernière crème hors de prix qui te fera rajeunir en 30 jours top chrono parce qu’il faut bien rentabiliser les pages.
Enfin un magazine qui ne lie pas sexualité avec bébé (et ne fait pas culpabiliser parce que tu n’en veux pas alors que t’as déjà 30 ans, au contraire), poils et épilation totale, “conseils beauté” et marketing parce qu’il n’y en a pas. Pas de publicité déguisée sous les articles (y’en a pas), pas de star qui vante tel parfum ou déo à bille, pas de recettes popotte (marrant, la femme moderne porte souvent de vieux relents de l’ancienne), pas de diktat sur la position sexuelle du moment (wi, vous ne rêvez pas, ça existe), ni le maquillage/fringues/shoes à porter sinon t’es total has-been et bonne pour la casse. Cherchez pas, y’a pas.
A la place, et jusqu’à décembre, le numéro 5 du magazine est consacré au féminisme d’aujourd’hui, en abordant le problème sous plusieurs angles de vue, toujours très intéressants même si je ne suis pas toujours d’accord avec les opinions présentées. Je regrette également que le magazine ne parle pas plus du mouvement masculiniste et ne fasse pas de petite chronologie non détaillée des mouvements féministes pour les débutantes ignares comme moi qui ont un peu de mal à s’y retrouver, mais le dossier principal présente une excellente ébauche de recherche pour qui veut appréhender le débat dans sa complexité et sa globalité.
Bref, Causette c’est d’la balle et constitue le premier magazine ciblant les femmes valant son prix (4.90 euros) et auquel j’ai envie de m’abonner. Continuez, filles et gars, vous faites du bon boulot. Même l’horoscope, seul vestige du mag’ de fille vaut le détour, c’est dire.
Un manga de Modoru Motoni va enfin sortir en France et s’appelle Dog Style. Je ne l’ai pas lu, mais apparemment il n’est pas dans la mouvance “morbide” de l’auteur ; si c’est vrai, ça change de Rika et ses personnages lycéens accros aux viols et à la torture physique et mentale (sisi ^^). J’aime beaucoup le style graphique de l’auteur, surtout sa maîtrise du noir et blanc.
En parallèle, plusieurs manga issus du BexBoy mag vont sortir en volumes reliés, dont Silent love, mon petit préféré. En parallèle, de nouvelles séries vont arriver dans le magazine, quasiment toutes très récentes.
Youpie, hein? :3
Natsuki Sumeragi (son nom me fait penser à un personnage de Please save my Earth x3) est une mangaka qui n’est pas très connue en France, mais la plupart de ses œuvres ont bénéficié d’une traduction et d’une édition groupée chez Akata en 2007 et 2008 ; l’éditeur avait parlé d’un “coup de coeur”. Comme beaucoup d’auteurs, on ne sait pas grand-chose sur elle, mis à part qu’elle serait née en 1967 et qu’elle aime beaucoup les vieilles légendes asiatiques, en particulier chinoises. Elle excelle dans les histoires courtes, assez mélancoliques, décrivant des histoires d’amour à priori impossibles, dans un Japon ou une Chine antiques. Son dessin, très précis, fin et élégant (nan, je n’ai pas copié sur une brochure qui vante les mérites de l’auteur), met bien en valeur les récits qu’elle met en scène, sans surcharger les pages, avec un souci du détail qui frise la perfection. En bref, c’est un vrai bonheur pour les yeux de lire ses œuvres, qui sont exceptionnelles au regard de la production shojo actuelle.
Le premier ouvrage à être paru en France fut La voix des fleurs, un recueil de nouvelles de jeunesse, qui inclut sa première histoire courte, Le sanctuaire de la femme serpent, dont l’action se déroule dans le Japon médiéval. Le reste de l’œuvre est plutôt centré sur la Chine, avec trois histoires d’amour entre humains et esprits tantôt gaies, tantôt tristes et tragiques. Le titre est inspiré de la première histoire, La pivoine enchantée, qui raconte l’histoire d’amour entre un humain et une pivoine qui aime bien boire, en réalité un esprit des fleurs qui peut prendre la forme d’une très belle femme. Ce recueil est assez léger dans son ensemble, mais je n’ai aimé que deux de ces histoires sur les quatre proposées : l’une était trop brouillonne et l’autre, Le sanctuaire de la femme serpent, beaucoup trop glauque à mon goût : je n’aime pas les histoires d’inceste entre frère et sœur, même involontaires.
Nous retrouvons toutefois les deux amoureux de pivoines dans Un destin clément, autre recueil de nouvelles plus récent et graphiquement plus abouti, avec des histoires “typiquement” chinoises où les fleurs, notamment les pivoines, sont encore très présentes. Ce manga se trouve plus dans le conte de fées chinois que le premier et Romance d’outre-tombe, où les histoires japonaises morbides contrastent avec les histoires chinoises féériques. Les quatre histoires contenues dans l’œuvre sont toutes aussi magnifiques les unes que les autres, mais j’aime plus particulièrement Le fou des fleurs et La renarde maléfique, que je trouve graphiquement plus aboutis (d’ailleurs les deux images illustrant cet article sont issues de Le fou de fleurs).
Romance d’outre-tombe est un autre recueil de nouvelles, paru au Japon chronologiquement après La voix des fleurs, qui met aussi en scène deux histoires concernant le Japon médiéval, empreintes comme dans Le sanctuaire de la femme serpent d’un côté fantastique et mortifère qui plaira aux amateurs du genre. Leur deuxième exception est que ce ne sont pas à proprement parler des histoires d’amour, mais plutôt de vengeance d’esprits maléfiques. La dernière nouvelle, qui se situe en Chine, contrebalance le côté étrange et mortel des deux premières histoires courtes, même si l’auteur dessine encore une histoire d’amour impossible.
Intrigues au pays du Matin Calme est mon recueil d’histoires préféré, et de loin. Comme le titre du recueil l’indique, la plupart des histoires se déroulent en Corée, où nous attend un angyo-onshi (:3), un inspecteur du roi, qui parcourt le pays pour faire respecter les lois. Il est le sujet et spectateur des trois premières histoires (toujours d’amours impossibles, mais qu’est-ce que c’est bon) et nous apprenons dans la troisième son terrible secret… La quatrième et dernière histoire se passant en Chine nous apprend qu’il ne faut pas, surtout pas jouer avec un fantôme de jeune fille qui a juré de se venger d’un amant indélicat.
J’ai moins aimé Pékin, années folles, qui est la seule série de nouvelles (2 volumes) de Natsuki Sumeragi à être sortie en France. Ces nouvelles, assez différentes les unes des autres mais tournant encore autour du thème de l’amour, ont toutes comme point commun de se situer au début du 20ème siècle en Chine, à Pékin. J’ai moins apprécié les histoires, parce qu’elles sont plus réalistes et ne possèdent pas la magie de ses autres œuvres. En même temps, j’apprécie fortement les histoires fantastiques chinoises écrites par Natsuki Sumeragi…
Sous la bannière de la liberté est la dernière œuvre de l’auteur à être traduite en France, mais je n’ai pas trop aimé ce manga que j’ai trouvé fade et un peu artificiel. Malheureusement, je n’ai pas pu le relire pour décrire son contenu, je pense qu’il doit être dans un carton bien rangé, trop bien rangé même
(hahaha pour un article sur les œuvres d’un auteur, je fail un peu là)
Akata a eu décidément une bonne idée en traduisant Natsuki Sumeragi, car je n’avais jamais entendu parler d’elle auparavant ni sur Internet, ni sur aucun autre support d’information et j’aurais manqué une dessinatrice pleine de talent qui éblouit à chaque page. Ce que je trouve par contre dommage est la faiblesse du scénario de certaines de ses nouvelles, qui sont parfois redondantes. Elle est assi créditée pour sa participation à un recueil de comics sur Spider-man et autres héros Marvel, mais je ne sais pas trop si il s’agit bien d’elle, Marvel et ses héros sont un monde bien éloigné de ses thèmes de prédilection…
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(Attention, dans cet article, je me considère comme faisant partie de la communauté otaque.)
Aaaaaah, quelle joie ces derniers temps de lire la presse française qui parle du Japon! Outre le merveilleux article de Libé évoqué dans l’article d’Amana précédemment chroniqué ici, je viens de me procurer un exemplaire du Le Monde magazine n°5 du samedi 17 octobre 2009, gardé de côté par ma mamie et rapatrié par mes parents de leur séjour chez mes grands-parents le week-end dernier. Soit dit en passant, elle roxe ma mamie, parce qu’elle garde plein de petites coupures des journaux du Monde qui peuvent m’intéresser depuis des années (et sur ce point elle est mieux que la meilleure des meilleures revues de presse), et elle a eu ses 82 ans en début de mois. Joyeux anniv’, mamie.
Le Monde magazine du 17 octobre (je sais, ça fait déjà 3 semaines qu’il est sorti) fait sa couverture sur un(e) japonais(e) en cosplay et continue en page 22 sur un article très long de 8 pages abondamment illustré sur la “Japan mania” et toute “une génération qui préfère Dragon Ball à Mickey”. Bon, déjà je ne vois pas l’incompatibilité première entre Dragon Ball et Mickey, on peut très bien aimer les deux. Bref.

Et puis j’ai lu l’article et je l’ai détesté. Encore une fois, on nous prend pour des cons et des attardés mentaux. Donc, cher lecteur ayant par hasard atterri sur mon modeste blogue, l’article que tu vas lire est une grande tirade haineuse qui exprime tout le fiel que j’ai accumulé à l’encontre des pseudo-journalistes qui croient faire des articles à sensation sur le Japon et plus particulièrement le manga, l’anime et les otaques (français mais c’est pas grave). Toutefois, cher lecteur anonyme et bienveillant, ne pars pas tout de suite, je t’assure que je suis très gentille et que je ne mords que rarement en vrai.
Mais quel est le fond de cet article? Sur la couverture, en-dessous du titre en rouge, il est possible de lire “comment la pop culture japonaise a conquis la France”. Là, je me suis dit que c’était déjà mal parti. Car devant un vrai sujet de fond, c’est à dire l’exportation massive par le Japon et ses entreprises elles-mêmes de produits culturels de plus en plus variés, qui est très rarement abordé dans la presse française (qui préfère se branler sa petite nouille en parlant des (rares) japonais attirés par la France, tellement plus pratique et simple à investiguer), se promène en espèce de gros marronnier un sujet bien bateau : les français attirés par la culture “mangasse”.
En ouvrant le mag pour aller à la première page de l’article, mes craintes ont été confirmées : grosse photo de cosplayeurs en costumes D Gray-man, je sens la grosse bouse bien puante et collante arriver. Qui se manifeste d’ailleurs dès la première ligne : “La jeune fille à l’ombrelle conquérante (olole, une ombrelle Napoléon) marche d’un bon pas sur le boulevard ensoleillé”. Ça, ça sent à plein nez le journalisme d’investigation. Le vrai, l’unique, le journaliste de terrain (qui est une femme). Qui, dès le premier paragraphe, décrit des cosplayers dans un style tellement méprisant qu’il n’y a même pas besoin de lire la suite pour savoir que la rédactrice n’aime pas le cosplay : le passage “lui s’est glissé dans une combinaison de style indéterminé, mi-astronaute, mi-sac poubelle” est à cet égard très révélateur. Et en tant que cosplayeuse (feignasse), je me sens un peu vexée, il faut bien dire.
Passons. La journaliste, comme nous les découvrons dans le paragraphe d’après, se rend tout simplement à la convention Epitanime, qualifiée de “monde parallèle”. Parce que ouais, le “mangasse”, c’est un monde “qui se présente sous la forme d’un iceberg”, dont la partie émergée est le fameux manga, qui oh bizarre fait fureur chez les enfants. Hé mais, attends, là, on était à Epitanime et après on nous parle d’enfants et de dragon ball? Olole, encore une fois, le journaleux français est pris à son péché mignon : décrire EN PLEIN ARTICLE ce qu’est un mangasse. Il ne PEUT PAS s’en empêcher, c’est dans ses gènes : IL DOIT dénoncer le mangasse qui est dangereux parce qu’il est PARTOUT. En n’oubliant pas, bien sûr, de dire combien le marché du mangasse fait mal à la bédé franco-belge, hein, pour peu on parlerait aussi de la délocalisation des industries textiles en Chine, parce que c’est à côté.
D’autant plus que “les héros de papier n’hésitent pas à sortir de leurs cases : leurs fans les retrouvent sous forme de dessins animés, de films, de figurines et autres produits dérivés”…. ATTENTION! ILS VONT NOUS ENVAHIR! Même la musique jap déferle chez nous, il faut dire : les majors françaises du disque vont disparaître sous la montagne de tubes japonais passant à la radio. Mais qui est franchement capable de sortir plus d’un label de disques japonais sortant en France? Et putain, elle parle même de Ball jointed dolls (BJD) ; genre, olole, les filles rejouent à la poupée japonaise, parce que ça fait plus classe que la Barbie (à 200 euros la BJD, hein.). Et notre journaleuse trouve dans le même paragraphe de 6 lignes de quoi caser Hello Kitty, Kenzo, Fructis, les futons, Pokémon, Epitanime et les sushis. Bon palmarès, j’applaudis des deux moignons.
Bref, nous revenons dans la partie suivante au compte-rendu d’Epitanime, dans la joie et la bonne humeur, écrit par une journaliste qui n’aime apparemment pas le manga, trouve très marrant de parodier la culture japonaise dans ses propos et n’a pas du tout envie d’écrire son article de façon objective. Car décrire le parking souterrain d’Epitanime comme “un supermarché du manga, très fourni” “pour trois jours”, c’est soit se foutre de la gueule du monde, soit avoir confondu avec Japan Expo, soit ne pas avoir dépassé l’entrée dudit “supermarché”. Parce que ce n’est pas un supermarché contrairement à la Japan Expo (ou alors un tout piti, une supérette tout au plus), que les ventes n’ont lieu que sur 2 journées (samedi journée et dimanche) et que le fanzine qui occupe pas mal de place, relégué cette année au fond du parking, n’est pas de l’officiel. Nous embrayons ensuite avec une interview du chef de l’organisation de la convention en 2 lignes, puis sur le “phénomène” des fans vieillissants, qui ont grandi avec… Le Club’ Do. AYE, CIBLE VERROUILLEE, on est en terrain connu. Putain, que c’était long à venir, n’empêche, presque 3 pages de blabla sans évoquer notre brave vieille Dorothée, si reconnaissable et si… française, au milieu de tant de séries japonaises étrangères. Dorothée, qui a favorisé la reconnaissance de Miyazaki et est à l’origine du boom du manga, ainsi que l’arrêt du génocide des bébés phoques. Ouais, ça en fait des lauriers, hein. Et au passage, on en rajoute une couche sur les enfants de la génération Club’ Do qui n’ont jamais su grandir, ça fait toujours plaisir. Enfin, je ne me sens pas concernée, je n’avais pas la télé quand j’étais petite, alors le Club Do’, olole, je ne connaissais pas et ça ne m’a pas empêchée de tomber dans la marmite.
Reviendus à Epitanime, on passe au cosplay, “légèrement vêtue forcément” pour la fille qui se présente sur l’estrade, avant le karaoke et ses participants qui “chantent ‘en yaourt’ extrême-oriental”. C’est finalement assez pour Epitanime, qui en ressort pas très grandie, avec un compte-rendu très partiel et partial. Mais bon, on a l’habitude.
On passe ensuite à une partie plus intéressante de l’article : des chiffres de ventes! Des dates! Des raisons enfin objectives du succès du manga! Après 4 pages de niaiseries gluantes, ça fait du bien…. Interview de Jacques Glénat et de Jean-Marie Bouissou, évocation du réseau Manga Network et des résultats d’une enquête sur les publics de lecteurs de manga. Bon, on y est à peu près, l’article démarre, l’auteur est un peu moins narquois et évoque même la Japan Expo sans s’en moquer comme il l’a fait pour Epitanime…. Un peu comme si Epitanime était une petite soeur un peu crade et honteuse de Japex, on croit rêver. On passe à un aspect plus lisse et commercial, évoquant les éditeurs français de manga et magazines, les relations du mouvement manga avec le monde du musée, les échanges commerciaux avec le Japon. Parfois sans aucune nuance, sans aucun recul : comment parler de Japex sans parler un minimum de la portée commerciale de l’évènement?
Et là, c’est le drame : au pénultième paragraphe de l’article, le journaliste aborde enfin le sujet de fond : comment les japonais reprennent peu à peu la main sur les exportations de manga, animes et prennent conscience de leur pouvoir de séduction, le “soft power” japonais (le rachat de Kaze est un bon exemple), mais trop tard, l’article est fini…
Il aura fallu quatre pages de ce que le journalisme a de pire dans le bouseux et l’immonde pour arriver enfin à exprimer, dans les pages restantes, un peu du haut de l’iceberg du marché du manga, qui n’a pas beaucoup de rapport avec celui que décrivait le journaliste, qui selon moi a complètement raté son article et aura fait en prime passer les otaku pour de gros gosses incapables de grandir, niais et attardés mentaux. Je hais cet article, qui m’a pourtant appris 2-3 choses, parce qu’il me prend pour de la merde. Je hais cet article parce qu’il n’a aucun recul. Je hais cet article car il n’a que trop tard perçu le vrai fond du problème. Et je hais tous les autres articles qui l’ont précédé, comme ceux qui le suivront, parce qu’ils referont les mêmes fautes et les mêmes erreurs.
Et bordel, que “mangas” est moche comme pluriel.
Classé dans : Anime, viepriveedeTata.com | Mots-clefs: archives, Pale cocoon
Je suis une archiviste au chômage (ça sonne bien hein? A l’ANPE, j’arrive aussi à les impressionner. Surtout quand je leur apprends ce qu’on fait dans mon métier).
La vie est dure, ma foi.
Il y a de gros moments où je me dis que j’ai foiré mes études, ma voie, que je me suis engagée dans un truc complètment à côté de la plaque, irréaliste, utopique dans une société capitaliste qui n’a rien à branler d’archives inutiles et encombrantes.
J’ai depuis regardé Pale Cocoon, et je me suis rappelé pourquoi j’ai choisi de consacrer ma vie aux archives.
Sinon, j’ai la crève.
(ouais, j’en ferai un article bientôt. Si j’arrive à ben cerner les contours de mon article.)
PS : Depuis ce matin 9 novembre, jour de destruction de mur symbolique, je n’ai plus de grotte dans ma chambre. Finis les ploc-ploc dans le seau stratégiquement placé dans un coin de ma penderie à chaque averse, je passerai un hiver au sec et sans moisissures! J’en deviendrais presque nostalgique…
Ne cherchez pas pourquoi je n’écrirai pas sur le blogue ces prochains jours : je teste en ce moment quelques jeux hentai refilés par un généreux donateur anonyme (:3). J’en ferai un article (ou pas), c’est selon ce que je trouverai dedans.
En attendant, vous pouvez toujours aller sur le site d’Amana, il y a un excellent article sur le thème du “Amaigawd, les journalistes français ont recommencé leur conneries” avec pour protagoniste un manga adapté de Mein Kampf (“Mon combat”) d’Hitler. Pas moins.


