Linottes


Comment conserver sa mangathèque?
août 19, 2009, 8:48
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Il fait chaud, très chaud. Je me liquéfie, ma cervelle sort par mes deux oreilles, je suis en sueur rien qu’à taper sur mon clavier, l’eau fraîche et le saucisson sont à 10 mètres en comptant le virage de la cuisine, c’est trop loiiiiiiin, gniiiiiiiiiiiiii… Et puis, Flemme.

Donc, tant qu’à être sur un clavier, autant faire un article. Et le sujet de l’article, le voici : comment faire pour conserver le plus longtemps et préserver l’intégrité de sa collection de manga/doujin/choses en papier? Ou comment me réveiller de la flemme intellectuelle qui me prend depuis début juin, c’est-à-dire depuis le début de mon travail actuel, qui est un CDD, heureusement pour lui. En passant, je suis archiviste de formation et à la recherche d’un CDI intéressant, bien payé et aux conditions de travail plutôt agréables. Si vous en avez un sous le coude, je suis preneuse.

Voici donc quelques principes simples pour garder sa collection un peu plus longtemps, pour pouvoir un jour sortir vos vieux manga du grenier et dire à vos petits-enfants (ou petits-neveux) et dire d’un air entendu et d’une voix chevrotante “Ah, de mon temps, c’était autre chose”, avant de les laisser regarder vos ouvrages, sans toucher parce que ça les abîme.

1 – ne pas laisser son manga traîner au soleil direct pendant un temps indéfini. C’est con à dire, mais du papier exposé à la lumière jaunit, l’encre se désagrège et rend les couvertures jaunes. L’effet de la lumière est surtout visible sur les journaux, qui vieillissent très mal à son contact. Ca ne veut pas non plus dire qu’il faut les enfermer dans un coffre, la lumière indirecte suffit. Si cela vous arrive, ne tentez pas de les laisser 10 ans dans le noir complet pour redonner l’aspect d’origine de vos manga, l’effet de la lumière est cumulatif : votre exemplaire ne peut que se détériorer.

2 – faire régulièrement la poussière sur son étagère. Sans blague, la poussière c’est mal, même pour le papier. Ca attire tout un tas de bestioles qui n’ont pas l’air méchantes, mais qui attaquent le papier. J’ai déjà surpris un drôle d’insecte en train de bouffer mon papier peint, j’imagine même pas pour mes manga ;_;. En plus la vieille poussière s’incruste et est très chiante à nettoyer. Et puis faire la poussière, ça n’a jamais fait de mal à personne (“Euuuuh… Ah bon?”).

3 – Le papier a une durée de conservation optimale dans des températures entre 18 et 20, à humidité à peu près égale à 50%. Ne pas mettre sa collection dans une pièce humide et chaude, au hasard une cave avec un chaffe-eau à côté ou dans une salle de bains. La chaleur et l’humidité sont deux facteurs combinés du vieillissement prématuré du papier, qui est fabriqué à partir de bois et de colle. L’humidité contribue à faire gonfler le papier et la chaleur favorise l’apparition de petites moisissures, qui aiment bien qu’on s’occupe d’elles. A l’inverse, une atmosphère trop sèche rend le papier sec et cassant. L’alternance entre humidité et sécheresse est un combo fatal, le papier rend en général les armes en se disloquant tout seul. Vous aurez compris, l’alternance des saisons a aussi un effet sur le papier et des chocs thermiques répétés ne sont pas bons non plus.

4 – ne pas mettre sa collection à côté de populations à risque. Les bébés, les enfants qui apprennent à lire (ou à dessiner) et les animaux sont des facteurs déterminants pour une conservation entière de la collection. Ne pas oublier le facteur parental pour les plus jeunes, qui est souvent déterminant pour la conservation à court terme, surtout si le foyer est équipé d’une cheminée. De plus, le manga ne se lave pas. Le nutella et atres substances alimentaires collantes sont donc fortement déconseillées.

5 – pour prévenir un cas d’inondation si il y a un risque, mettez vos manga en hauteur, souvent une élévation de 30cm suffit. Vous vivez dans une zone inondable? Dommage pour vous. Le plan des zones inondables est disponible sur Internet.

En bref, ce ne sont que des conseils de base. Bien sûr, je n’ai pas noté le plus évident, à savoir que le papier est un excellent combustible, mais vous l’auriez deviné tout seuls :3. Vive les barbecues o/



Pourquoi les filles aiment tant le yaoi? [réponse]
août 4, 2009, 9:46
Classé dans : Manga, yaoi | Mots-clefs: ,

choupi :3

[attention pavé]

Cet article est une suite de celui-ci, en réaction à celui-là. Parce que je suis sûre que personne n’a lu la revue consacrée au sujet.

Alors, oui, pourquoi tant de filles aiment-elles le yaoi? C’est la question que de nombreux garçons se posent, et j’ai, en filigrane, l’impression qu’ils se l’adressent plutôt à eux-mêmes : pourquoi ne m’aime t-on pas moi, moi qui suis en 3D, en chair et en os? Pourquoi ces filles préfèrent-elles des garçons irréels, pour la plupart d’apparence prépubère et qui font des choses bizarres même pas racontables tant ceci atteint le summum de l’horreur pour mon esprit viril et “homme”?

Pour savoir comment ce phénomène est né et a acquis tant d’importance, il faudrait revenir aux origines. Je n’en ai ni le temps ni l’envie, je me limiterai à quelques généralités (pour le reste, lisez la revue, nom de dieu!) : le yaoi est né dans le fanzinat et le doujinshi, faits par des femmes, pour des femmes, dans les années 1970, de façon marginale. Il s’est vraiment développé dans les années 1990 puis a atteint une création et un auditoire croissants dans les années 2000, surtout avec l’arrivée massive d’internet dans les foyers. Le boy’s love, équivalent commercial du yaoi, a suivi cet essor.
L’originalité du courant est que tout le monde peut y participer : il n’y a qu’à voir le nombre phénoménal de fanfics/fanarts/doujinshi yaoi Naruto ou Harry Potter pour s’en convaincre. Mais ce n’est pas pour autant que règne l’anarchie et le public est le seul juge : comme dans tout milieu, certains auteurs sont reconnus alors que des milliers d’autres resteront dans l’oubli, ce qui, vu la qualité de leur prose/dessin, n’est pas si mal. Personnellement, j’ai connu l’époque du fandom Gundam Wing, très vivace et diversifié et j’ai vu passer des choses extraordinaires… et des navets, mais bizarrement, j’en ai vu que très peu.
Le yaoi suit des principes simples : tout est faisable, à condition de bien le faire et d’assumer. Il peut très bien exister des fanfics/doujinshi dérivés du principe même du YAOI (YAma nashi, Ochi nashi, Imi nashi : pas de pic, pas d’histoire, pas de sens, j’adore les acronymes) qui n’ont aucun but à part de coller deux personnages ensemble (souvent avec des scènes de H, PLEIN de scènes de H), ou des romans-fleuve sur deux personnages qui s’aiment d’un amour tendre imaginé par l’auteur.
Et puis il y a le Boy’s Love, l’équivalent commercial du yaoi, que je nomme sur mon blog aussi yaoi, par commodité et flemme (4 lettres contre 9, yaoi wins par KO). BD, jeux vidéo, anime, drama cd, tout est bon pour satisfaire l’envie de la fan par des moyens légaux et bien souvent chers, contrairement aux doujinshi écrits en japonais et pas forcément compréhensibles par tout le monde. Enfin, ça amène aussi pas mal de teams de scantrad yaoi, ce qui a été une bonne chose pour faire découvrir le mouvement, mais ceci est un autre sujet.

Bref, revenons au sujet principal, LA question que tout le monde se pose, avant que je ne perde encore dans des digressions qui me font perdre le fil directeur de l’article. En même temps, ceci est le premier article officiellement écrit sur un traitement de texte avant publication, j’innove mais le sujet le mérite.

Donc, pourquoi les filles aiment-elles le yaoi ?

Pour répondre à cette question, posons préalablement d’autres questions : avez-vous déjà lu un manga shojo de base (Karekano, PSME, Skip Beat et consorts ne sont PAS des shojo de base) ? Si oui, avez-vous aimé le manga shojo de base ? Pensez-vous que la fille de base avec des neurones en état de marche aime elle-aussi le manga shojo de base ?
Si vous avez répondu non à toutes-ou partie de ces questions, surtout la dernière, je vous félicite. J’aime le manga, mais je n’aime pas le shojo de base, ou les ersatz de manga pour filles mettant en scène une héroïne crucruche, nunuche, qui n’est pas spécialement intelligente, mais qui aura toujours le beau gosse à la fin. Pourquoi ? Parce que le manga shojo –de base- avec son héroïne cruche n’est pas représentative de la vraie vie, de ce que je vis tous les jours. Non, faire un test de compatibilité amoureuse entre lui et moi, spas ma tasse de thé, désolée (hein, ;_; ). Non, je n’ai pas d’angoisse capillaire entre les nattes et la queue de cheval, la queue de cheval est vachement plus simple à faire (en plus j’me suis coupé les cheveux :3). Non, je n’ai jamais eu de dilemme sur une marque de parfum, un sac ou un régime. Et puis je n’ai jamais chopé le beau gosse de ma classe, surtout qu’il n’y en avait pas, la filière littéraire n’étant pas vraiment pas un bon filon et qu’avant je trouvais les mecs un peu lourds. Mais bon, je me suis rattrapée depuis.

Bref, je n’arrive pas à m’identifier à une héroïne de shojo, je la trouve trop fille. C’est un sentiment que j’ai du mal à expliquer, mais on va dire que j’ai du mal à me sentir bien à côté de « vraies filles », qui parlent de mode, maquillage et mecs. En même temps, je ne sais même pas si ça existe vraiment ce genre de créatures… la cinquième dimension, je vous dis. Mes copines à moi savent généralement de quoi je parle quand je dis « Ook », « lolcat » ou « mmorpg ».

Rappelez-vous des bases, le yaoi est un sous-genre du shojo, donc du manga pour filles. Qui est fait par des filles, pour des filles qui ont des neurones et ne veulent lire de belles histoires, et pas forcément que celles-ci soient une mauvaise bouillie plus belle et plus optimiste de la leur (j’ai d’ailleurs eu du mal avec Fruits Basket). Elles n’ont pas forcément envie de voir une héroïne plus nulle qu’elles tout réussir parce qu’elle est « trop mignonne » et subir un effet de miroir inversé qui leur renvoie une image négative de leur propre personne. Elles n’ont pas non plus forcément envie de lire une histoire où tout se termine bien, avec pour perspective mariage, naissances et servir de bonniche de la famille pour toute une vie. Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me plombe le moral qu’une histoire me rappelle que je suis génétiquement disposée à concevoir et à devenir maîtresse de maison. Et je ne suis pas la seule.

Le yaoi permet de s’affranchir de tout cela. Le yaoi est d’abord une histoire d’amour quasiment impossible entre deux personnes, chose que certaines filles adorent (dont moi), avec pour base des fantasmes de femme. Le yaoi ne met pas en jeu une héroïne avec qui on doit s’identifier : dans le meilleur des cas, l’identification se fait avec l’un des deux héros, ce qui est plus gratifiant qu’une héroïne nunuche, mais la lectrice peut rester simple observatrice de l’histoire. Le yaoi s’affranchit des conventions sociales et de la barrière des sexes : c’est un amour qui ne tient pas compte des préjugés, comme on le voit dans Zetsuai. C’est le hasard fait qu’ils soient tous les deux des hommes, Koji étant persuadé qu’il était tombé amoureux d’une fille.
C’est de plus un amour de deux personnes qui sont sur un pied d’égalité, ce qui est un point important en faveur du yaoi. En effet, les deux hommes sont considérés comme égaux, à part au lit, de par leur nature d’homme. Bien sûr, il y a des cas spéciaux (Okane ga nai), mais la plupart des manga mettent en scène des (jeunes) hommes matures, capables de réfléchir par eux-mêmes et indépendants. D’ailleurs, j’adore Sakende Yaruze pour ce côté-là. C’est une différence majeure avec le shojo, car il y a quasiment toujours l’ambivalence fille à protéger/garçon qui protège dans le manga pour filles, avec toutes les variations possibles. Et ça, quand on connaît un peu comment peuvent dévier les relations fille/garçon dans la vraie vie, ça met un peu mal à l’aise. Car oui, les garçons et les filles ne sont pas à égalité dans une relation amoureuse. Surtout au Japon bien sûr, mais le succès du genre yaoi dans des pays différents montre bien qu’il y a un truc qui cloche et qu’il y a une vraie attente de la part des filles lectrices.

De plus, dans le yaoi, il n’y a pas de perspective d’avenir sexuée à connotation de reproduction, avec enfants à la clé. C’est toutefois une question qui est abordée régulièrement dans pas mal de manga yaoi, notamment Kizuna et New York New York, où Mel et Cain adoptent une petite fille. Et puis, bon, avouons, du sexe sans se soucier des conséquences, c’est un peu le bonheur rêvé pour pas mal de filles (non, la pilule et tout autre contraceptif à hormones, ce n’est pas la panacée. Zavez déjà lu sa notice d’utilisation ? Moi, j’aurais jamais dû regarder la case « effets secondaires ».)… Qui s’en donnent à cœur joie pour mater les ébats des deux mâles en rut. Ouais, le manga yaoi est tellement bien qu’il nous offre aussi deux beaux mâles tous nus en train de se tripoter.
C’est le même plaisir que celui d’un voyeur, qui permet aussi de comprendre un peu comment un mec est foutu. D’accord, ça ne va pas bien loin et c’est un peu l’équivalent des filles des manga H pour la population masculine, mais hé, des mecs aussi beaux en vrai, y’en a pas des masses, alors laissez-nous rêver nous aussi (pi les vrais, j’en veux pas, beurk). Surtout ceux avec des côtes tellement bizarres qu’on dirait qu’ils ont subi une opération pour s’en rajouter.

Bref, le yaoi, c’est mieux que Plus belle la vie pour les petits vieux : c’est un pur instant de relâche, à observer des vies différentes de la sienne, avec des héros pas niais de la même manière que des filles. C’est pourquoi je ne comprends pas vraiment pourquoi il y a une telle défiance à l’égard du genre parmi le public masculin : c’est destiné à un public de filles, pour des fantasmes de fille, ça devrait être tellement anodin qu’il ne devrait pas y avoir autant de disputes sur le sujet. Mais apparemment, certains ont du mal à concevoir qu’un homme puisse « devenir une fille », c’est-à-dire être pénétré, et ce même dans un manga pour filles. Tant pis, le mouvement yaoi répond à des fantasmes et des aspirations féminines, et est parti pour rester un mouvement actif pendant longtemps.

*edit* Genre j’aurais fait une faute d’orthographe dans le titre, moi.