C’était dans les tuyaux depuis un bon bout de temps, mais cette fois, ça y est! Linottes déménage sur son propre serveur, tout en restant sur un WordPress, en emportant au passage tous les vieux posts!
Je me suis enfin décidée à franchir le pas! Je ne regrette pas pour l’instant, mais on verra bien : les merdouilles s’accumulent déjà, je me tâte pour mon nouveau thème qui ne me convainc pas vraiment, il faut encore que je fasse ma bannière et que je rétablisse mes liens qui n’ont bizarrement pas été pris en compte sur mon wordpress.
Ma nouvelle adresse est la suivante : Linottes.eu.
J’ai piqué l’image des cartons de ce site.
C’était biengue.
Je plains juste les personnes qui ont fait les plantons et ont filtré l’accès à la nocturne pendant la nuit, il faisait vraiment un froid de canard.
Pour finir cet article en beauté, je vous propose une petite chanson reposante, quoiqu’un peu triste mais la préférée de Shokei, la fille du roi de Hô :
watashi no kawaii ningyou
suteki na kimono kisemashou
kirakira kin no kanzashi
shiawase wo ageru
watashi no kawaii ningyou
kirei na obi mo agemashou
akane no sango kazatta
utsukushii obi yo
megumi ooki yutaka na kuni
hana ga afure
machikado ni hora kikoeru
yorokobi utau koe ga
watashi no kawaii ningyou
yasahiku daite agemashou
kurenai iro no kuchibiru
asenai you ni
megumi ooki yutaka na kuni
kaze ga soyogi
machikado ni kikoeru uta
towa ni chikau shiawase wo
towa ni chikau shiawase wo…
Il y a même une version abrégée de l’anime! Pour l’instant, je n’ai trouvé que la deuxième partie du premier épisode
Quelques informations sur la vie du blogue : je songe de plus en plus sérieusement à quitter la plate-forme de blogs WordPress et héberger par moi-même mon oeuvre prolifique et mirifique. Ce n’est pas du tout parce que WordPress me gonfle (au contraire), mais j’ai envie de tester la gestion d’un blogue de A à Z (j’installerai un wordpress
). J’en profiterai pour faire de petites modifications de style.
Enfin, ce n’est pas gagné, les offres sont chères pour mon petit portefeuille de radine xD
J’ai fait mes achats en manga yaoi avant-hier, avec 7 titres de sortis depuis la dernière fois : No Money 3 où on s’aperçoit que la scénariste a de plus en plus de mal à cacher son côté sadique, Love Mode 3 qu’est toujours aussi bien, Tendre voyou que j’ai vraiment vraiment hésité à acheter tellement j’avais honte de ce titre (la suite a confirmé mes pires peurs, mon Dieu les éditeurs éditent vraiment n’importe quoi), Fragments d’amour que je n’ai pas lu, Be-boy mag avec de nouvelles séries (dont un nouveau Ayano Yamane, toujours aussi trash… pourquoi s’acharner?) et Le jeu du chat et de la souris 2, bouillie de sentiments parfois tellement réalistes que j’ai essayé de fuir à la lecture du titre.
Reste Réminiscences, ma meilleure surprise du lot et que je ne connaissais pas avant de le voir en librairie, qui est un one-shot écrit par Youki Fukai et paru chez Taifu. Bien sûr, cela reste du yaoi, mais ce titre a une qualité que je ne lui nierai pas : l’histoire et les personnages restent assez cohérents. Ça paraît sans doute bizarre, mais après quelques années passées à lire des manga avec des personnages qui virent de bord et commencent à préférer les garçons d’une page à l’autre sans que cela ne pose de problèmes (du genre Tendre voyou, je me demande encore comment j’ai pu acheter ce titre, en plus c’est une série…), eh ben moi ça m’en pose un. Un très très gros problème même parfois (pour les gens qui critiqueraient mon amour pour Love Mode, qui tombe parfois dans la catégorie que je viens d’énoncer, je leur dis prout, parce qu’on ne descend jamais un premier amour.), parce que malgré mon aura de fangirl yaoiste fujoshi que je semble posséder auprès de quelques-uns, j’aime les histoires (d’amour) construites et des personnages qui ne virent pas leur cuti au bout de 20 pages et se font peloter par le mâle en chaleur le plus proche avant de se faire déflorer l’arrière-train dans un accès de folie hormonale.
C’est bien pour cela que j’aime Réminiscences. Parce que l’histoire de vengeance ne vire pas à un énième syndrome de Stockholm où la victime s’amourache du bourreau, comme on voit dans beaucoup d’autres manga yaoi. Mais parce que derrière leur histoire glauque commune au lycée, se cache deux hommes qui s’aimaient et qui n’ont pas compris les sentiments de l’autre. Ce manga possède en plus un beau dessin, une bonne mise en page, un sujet intéressant et réaliste avec des personnages qui ont dépassé le stade de l’ado prépubère en manque, tout ce que j’aime en temps normal.
Mais attention, ce titre n’est pas une histoire gaie et gentillette, c’est même franchement tout le contraire : l’histoire est très violente, parfois même très extrême et j’ai pensé pendant ma lecture à virer ce manga parce que j’étais un peu dégoûtée, mais la suite m’a convaincue de ne pas lâcher. A cet égard, j’aime le logo microscopique qui orne la couverture, commune à tous les manga yaoi de la collection : merci Taifu, mais il ne sert à rien, on ne le voit pas. Enfin, c’est dans l’absolu une bonne initiative, mais je déplore qu’il n’y ait pas de différence plus nette entre ce titre adulte et les autres, genre un blister en plastique. Parce que ce titre mérite son blister, pour ne pas tomber entre toutes les mains.
Bon, là je vais spoiler sévère en décrivant l’histoire, mais tant pis, je ne mettrai pas les noms, accrochez vous, ça décoiffe.
Uke est jeune, beau et blond. Seme est jeune, beau et brun. Ils sont au lycée, tout va bien, sauf que Uke étant chétif et venant d’ailleurs, il n’est pas trop accepté dans le groupe de Seme, qui fait pourtant tout ce qu’il faut pour qu’il s’intègre, et pour que Uke se rapproche de lui. Uke commence peu à peu à se faire charrier et cela dégénère pas mal… Uke proteste, mais Seme en a marre et le viole. Uke déménage 2 jours après. Ça commence mal, très mal, et on se demande un peu comment cela va se poursuivre.
Eh bien, la suite de l’histoire est encore plus glauque : Enter Seme qui a bien grandi, est devenu chauffeur de bus et a toujours regretté d’avoir violé Uke et qui ne comprend toujours pas son geste ; d’ailleurs, à ce stade de l’histoire, nous non plus. Enter Uke, qui a grandi lui aussi, est fiancé, est en déplacement dans la même ville que Seme et désire se venger. Uke commence donc par menacer Seme et le viole. De façon répétée. Ouais, j’avais bien dit que c’était morbide, mais là, l’auteur n’y est vraiment pas allée de main morte.
Seme trouve que c’est en partie mérité (l’humiliation, pas le sexe), mais il ne trouve toujours pas la raison de son geste au lycée, alors que Uke s’acharne toujours sur lui, même si les relations sexuelles forcées sont devenues une habitude un peu moins déplaisante. Puis Seme commence à fatiguer, en a marre de la situation et quand Uke lui annonce qu’il va être muté, Seme craque complètement et fait une hémorragie interne… Donc zou hôpital, avec Uke qui s’inquiète quand même pour Seme puisque c’est un peu à cause de lui si Seme en est là et vient lui offrir des fleurs. Et là, Seme finit par avouer tous les sentiments qu’il éprouvait envers Uke…
Pour les personnes qui ont été choquées par le résumé, je pense que cette histoire, avec la première partie décrite au-dessus assez violente et longue entrecoupée de flashbacks (130 pages) n’est pas pour vous. Sérieusement, tous les manga yaoi ne sont pas bons à lire pour les personnes les plus fragiles de l’estomac et celui-ci en fait partie, avec No Money. Pour les autres, c’est un bon one-shot qui sort un peu des poncifs habituels.
Classé dans : Anime, Manga, bouquins | Mots-clefs: anime et manga, douze royaumes
Continuons notre exploration du monde des douze royaumes : après une petite présentation de l’univers et des personnages principaux dans le billet précédent, je reviens à la charge avec un article spécial, ou plus précisément une FAQ (Frequently Asked Questions, ou « Questions les plus fréquemment demandées ») sur ce sujet sensible : comment faire pour devenir souverain d’un royaume? Mais rassurez-vous, je ne ferai que très peu de spoilers importants sur les livres et l’anime.
1 : Je veux devenir Kirin, comment je fais? Parce que Enki, il est trooooop cool!
R : Déjà, ça commence bien. Le kirin n’est pas le roi, il n’est que son conseiller et l’exécuteur de ses ordres. De plus, on ne devient pas kirin, on naît kirin ; un kirin est l’âme du royaume et y reste attaché toute sa vie. Le kirin est de plus un animal sacré, donc par essence différent des êtres humains normaux. Il naît sur un arbre spécial situé sur le mont Hô, le shashinboku. Une naissance de kirin est toutefois un évènement assez rare et signifie toujours que le royaume correspondant n’a plus de roi et est en très mauvaise posture. Mais sinon oui, Enki il a la classe.
2 : Bon, ben si je veux devenir roi alors, y’a une inscription à faire quelque part?
R : Non, c’est le kirin qui choisit le roi. Vous n’avez rien à remplir et aucun fonctionnaire à corrompre pour le devenir.
3 : Est-ce que je dois être particulièrement intelligent pour être roi? Y a t-il des critères de QI à passer?
R : Non, il n’y a aucun critère – et à fortiori aucun test – pour que le kirin choisisse son roi. Tout le monde peut devenir roi, riche comme pauvre, à condition de naître dans le même royaume que celui du kirin, mais l’animal sacré essaie quand même de choisir celui qui convient le mieux (celui désigné par l’Empereur céleste), parce que si le roi s’égare et commence à faire n’importe quoi avec son royaume, le kirin peut tomber malade, mourir et entraîner la ruine du royaume. Il ne faut pas oublier que l’animal sacré n’est pas infaillible et peut se tromper ; la kirin du royaume de Hô a fait les frais de ses choix malheureux et s’est fait décapiter par la population révoltée. Je serais kirin, j’aurais intérêt à choisir le meilleur, pour vivre le plus longtemps possible
.
4 : Est-ce que je dois forcément aller au mont Hô, là où se trouve le kirin et faire l’ascension jusqu’à lui pour me faire reconnaître?
R : Non, ce n’est pas nécessaire de faire l’ascension, surtout pour les rois et reines qui sont des Taika, c’est à dire nés dans le monde des 12 royaumes mais qui ont été rejetés dans notre monde à nous par un shoku (tourbillon dimensionnel). Ces personnes se réincarnent en bébés nés dans notre monde, c’est pour cela qu’ils ne sont pas différents des autres enfants ; ce n’est que lorsque un mage possédant assez de pouvoirs pour créer un shoku et à fortiori un kirin les retrouve pour les ramener dans le monde des 12 royaumes afin qu’ils reprennent leur physique d’origine et puissent devenir rois ou reines. Le cas « Taika » est un cas à part, car ces futurs rois et reines ne peuvent pas faire l’ascension : pour les autres, nés et ayant vécu toute leur vie dans un royaume, il est conseillé de faire le trajet jusqu’au mont Hô. Dans certains cas, le kirin peut tout de même se déplacer pour faire connaître son nouveau souverain, particulièrement lorsque celui-ci n’a pas l’intention de faire l’ascension (Feignasse!).
5 : Ouais, mais c’est long et fatiguant…
R : Hé, tu veux devenir roi ou feignasse en chef?
6 : Est-ce que je pourrai faire ce que je veux avec mon kirin ensuite?
R : non, le kirin n’est pas un jouet. De plus, il aide le nouveau roi à rester en vie, le conseille et l’aide à gouverner, donc il est à chouchouter et à ne pas trop contredire. Enfin, juste un piti peu.
7 : Mais si le kirin vient me voir et que je n’ai pas envie de gouverner, je fais comment?
R : Eh bien… Il n’existe pas à ma connaissance de cas où le futur souverain décide de renoncer au trône, en partie parce que c’est la volonté divine, et que l’empereur céleste aime être obéi. Et puis, l’attirance du pouvoir, de l’argent facile et de toutes les filles du royaume suffit à en décider quelques-uns (et quelques-unes). Cela n’est pas sans incidents : Keiki a ainsi eu quelques problèmes avec l’ancienne reine de Kei, Yô, qui ne s’intéressait pas du tout à la politique et a tout laissé à ses hauts fonctionnaires.
8 : Ouais, mais si je deviens roi (ou reine), je vais pouvoir faire tout ce que je veux, chouette!
R : Hélas non (c’est con hein?). Bien sûr, vous pourrez vous goinfrer presque autant que vous voudrez (le rêve *ç*), mais si vous n’avez pas de politique clémente envers vos sujets et si vous n’obéissez pas aux quelques préceptes fournis avec le titre (genre vous vous amusez à tuer tous vos sujets), vous risquez de voir votre kirin dépérir. Cela s’appelle « perdre la voie », « perdre le mandat du Ciel », enfin appelez-ça comme vous voudrez, mais le fait est que lorsqu’un kirin devient malade, d’après l’expérience il a des chances infimes de s’en sortir. En général, la seule chose qui peut éviter la mort du kirin est que son roi se suicide.
9 : Mais y’a quoi comme aspect positif à être roi?
R : Vous gouvernez. Vous êtes obéi et respecté. Vous avez des sous. Et puis, oh, j’oubliais, vous devenez immortel. VRAIMENT immortel. Genre, si vous devenez roi à 20 ans, dans 500 ans vous resterez le même, sans avoir besoin de crèmes antirides et votre corps se régénère tout seul. La seule chose à laquelle vous devrez faire attention, c’est les « armes d’hiver », (soumises à autorisation) qui sont sont capables de tuer les immortels, donc vous aussi.
10 : Et il a droit de se marier, ton roi, hein? Et d’avoir des enfants?
R : Les rois et reines en place dans le monde des 12 royaumes, passés ou toujours sur le trône, peuvent avoir une famille et des enfants. Le cas de figure le plus fréquent est néanmoins qu’ils ont déjà fondé une famille avant de devenir souverain. Ce qui arrive au souverain après son intronisation diffère selon les romans : dans Le vent de l’infini, Enho, le vieux sage du pays de Kei (à ne pas confondre avec le roi de En, Shoryu), explique à Yôko que même si le roi possède son propre riboku, le souverain ne peut avoir d’enfants car on considère que tous les sujets de son royaume sont ses enfants. Par contre, dans Les ailes du destin, Gankyû, un nomade, explique à Shushô, aspirante reine de Kyô, que le riboku royal porte les enfants du souverain et qu’une simple bouture de cet arbre est à l’origine de tous les riboku du royaume dont le roi s’occupe. Parce qu’il faut savoir que dans le monde des douze royaumes, les enfants naissent des œufs d’un arbre, le riboku, donc que la reproduction des humains dépend en partie de la volonté du Ciel et de l’empereur céleste (en aparté, les humains sont tout de même sexués et la prostitution existe, mais la sexualité et la reproduction de l’espèce sont deux choses dissociées de fait.). Donc en fait, je ne sais pas si le roi peut avoir ou non des enfants… Ni se marier.
11 : Bon, ben finalement j’en veux pas de ta royauté.
R : tant mieux, de toutes façons, être roi est souvent synonyme de grosses embrouilles.

J’aime Rakushun. Sa fourrure douce de souris, ses moustaches qui vibrent dans le vent, sa gentillesse désintéressée, sa façon de se tenir toujours en retrait par politesse et son intelligence vive pour un jeune garçon. Oui, chers lecteurs, Rakushun est le Hanjuu, un être mi-humain, mi-animal, personnage des 12 royaumes qui orne de sa bouille enfantine (mais peut-on parler d’une « bouille enfantine » pour un rat géant?) ma bannière de blogue. Et si il existait en vrai, je lui aurais déjà sauté dessus.

Après cet incipit complètement gâteux de fangirl obsédée, essayons donc de parler de la saga des 12 royaumes (en japonais Juuni Kokuki, ou plus couramment Juuni Kokki) dans sa globalité en conservant un brin d’objectivité et de sens critique. Vu le début, ça va être dur, mais qu’importe.
Yôko et l’univers des 12 royaumes sont nés de l’imagination fertile d’une auteur de romans japonaise, Fuyumi Ono, qui a écrit 8 romans dont 7 directement liés au monde parallèle des 12 royaumes et une préquelle, Masou no ko. Ils ont heureusement tous été traduits en français chez Milan, dans la collection jeunesse.

-1991 : Mashou no Ko, pas directement lié à la série principale, qui a pour sujet un jeune garçon apparemment protégé par des esprits maléfiques dans un Japon contemporain, seule partie non traduite en français. C’est le roman « zéro ».
-1992 : La mer de l’ombre (Tsuki no kage, Kage no umi)
-1993 : Le rivage du labyrinthe (Kaze no Umi, Meikyuu no Kishi)
-1994 : La majesté des mers (Higashi no Wadatsumi, Nishi no Soukai)
-1994 : Le vent de l’infini (Kaze no Banri, Reimei no Sora)
-1996 : Les ailes du destin (Tonan no Tsubasa)
-2001 : Les rives du crépuscule (Tasogare no Kishi, Akatsuki no Sora)
-2001 : Le royaume de l’idéal (Kasho no Yume)
Jetez-vous dessus, ils sont sympas à lire. Les illustrations des couvertures et d’intérieur des romans ont été conservées, tant mieux pour nos mirettes : elles sont signées Akihiro Yamada, illustrateur que j’aime beaucoup, même si il n’aurait jamais dû s’essayer au manga, enfin c’est mon avis personnel.

Pour décrire l’histoire, rien de tel qu’une bonne interview! (comment ça j’ai piqué le procédé sur un autre blogue? Même po vrai d’abord.)
« Bon, c’est bien gentil tout ça, mais de quoi ils causent les romans? Pour le savoir, passons la parole à Yoko Nakajima, héroïne de cette histoire, et à ses amis sympathiques, parce que ça me casse les couilles de faire le résumé d’une histoire si compliquée… (*rire indétermié sur la droite et grésillement du micro*)
« Enki, arrête de faire le pitre et rends-moi le micro! Revieeeeeens! (*bruit d’un truc qui se casse, d’une épée qu’on sort de son fourreau et grésillements divers*)
Shoryu (* prend le micro et regarde Enki par terre qui se masse le crâne*) : Non mais, c’est un kirin, ça? Il a bien mérité sa baffe. (*se retourne avec un sourire charmeur en coin*) Bon, alors, ravi de me présenter, je m’appelle Enho, mais vous pouvez m’appeler Shoryu ; maintenant que vous avez présenté nos livres, je pense que nous sommes assez intimes pour que je vous livre mon petit nom. Un petit verre, ça vous dit? Je connais un bon bar, dans ma capitale…
Enki en fond : Alcoolique!
Ahem, je ne voudrais pas vous déranger en pleine bagarre, mon roi, mais apparemment Yoko s’impatiente, vous devriez lui laisser la parole….
Yoko : Pfff. Bonjour, je m’appelle Yoko Nakajima, mais vous pouvez m’appeler Sekishi. Ne faites pas attention à Shoryu, il aime bien boire et plaisanter. Pour reprendre le fil de la discussion, au début du premier livre de la saga, je suis encore une lycéenne japonaise un peu culcul, qui n’a aucune personnalité et qui cherche à plaire tant à ses parents qu’à des pseudo-amies de son lycée de filles.
Vous êtes un peu dure…
Yoko : Et pourtant, c’est la vérité, je ne m’en suis jamais cachée dans les romans suivants, allez relire Le vent de l’infini si vous ne me croyez pas… Et puis un jour, Keiki est arrivé, toujours aussi guindé et au balai là où je pense (*toux gênée sur la gauche*), qui m’a fait faire une promesse de loyauté. Puis il déclenche un gigantesque shoku (un portail dimensionnel) – quel abruti pour avoir entraîné autant de problèmes, je dois dire – qui m’amène directement dans le monde des 12 royaumes. Une fois là-bas, on se fait attaquer et je le perds de vue. Je me retrouve donc toute seule, sans vivres ni eau, ne sachant pas où je suis ni où aller, juste avec une épée et l’esprit de sa lame qui m’en fait voir de toutes les couleurs et je me fais attaquer de partout par de gros monstres… Heureusement que je rencontre Rakushun au bout d’un moment, sinon je n’aurais jamais survécu toute seule dans un milieu aussi étrange et hostile!
Rakushun qui tremble des moustaches : Ravi de faire votre connaissance. A mon avis, Yoko dit des choses inconsidérées. C’était mon devoir de sauver toute créature vivante en difficulté que je trouve sur mon chemin.
Yoko : Enfin bref, par la suite je me fais aider par Shoryu et Enki ici présents, je chasse l’usurpatrice et mon voisin, le roi de Ko qui m’envoyait des monstres et je m’asseois enfin sur le trône du royaume de Kei, tout à la fin du premier roman. Mais si seulement Keiki m’avait dit qu’il était kirin, j’aurais eu moins d’emmerdes!
Kirin?
Enki : Je vais répondre à la place de Yoko et Keiki, puisque Keiki ne veut visiblement pas en parler. Un kirin, c’est l’animal sacré qui désigne le roi. Il a une forme humaine et une forme animale que vous appelleriez, par chez vous au pays de Wa, le Japon, une licorne. Mais bon, après la nomination du roi, c’est le rôle du kirin de lui obéir, l’aider et l’assister dans la gestion du royaume, sinon si le roi s’égare et perd le mandat du Ciel, le kirin tombe malade et meurt en même temps que le roi. Parce qu’en fait, dans le monde des 12 royaumes, c’est l’empereur céleste, créateur du monde tel qu’il est maintenant, qui désigne le roi par l’intermédiaire du kirin et charge le roi de bien guider le peuple de son royaume. (*il désigne Shoryu*) C’est un peu triste à dire, mais ce mec-là et moi sommes liés pour l’éternité. J’aurais dû choisir quelqu’un d’autre, il est parfois vraiment lourd quand il boit….
Shoryu : (*frappe Enki sur le côté du crâne*) : La ferme, gamin! Enki a de la chance d’être avec moi (*gémissement indigné d’Enki*) parce que le royaume de Tai a récemment perdu son kirin et le roi a disparu.
Enki : ne dévoile pas toute l’intrigue du deuxième roman, espèce d’idiot! Et quitte à parler de romans, on voit tes débuts vraiment pas glorieux dans le troisième, hein. Tu m’as vraiment fait honte à cette époque-là….
Shoryu : Tu n’est pas tout blanc non plus,tu sais. La naïveté est parfois mignonne aussi (*Enki boude*). J’apprécie par contre les débuts de Yoko, c’est vraiment digne d’une fille à la poigne de fer, elle a fait pâlir nombre de guerriers masculins par son courage et sa combativité! Lisez tous le quatrième roman!
C’est aussi mon préféré…
Shoryu : haha, vous avez bon goût. Mais je voyais régulièrement Rakushun, il n’en menait pas large, le pauvre… (*Rakushun rougit*)
Shusho : Hohoho! (*rit avec sa main devant la bouche*)
Shoryu et Enki, effrayés : Ah non, pas elle!
Shusho : vous avez l’air ravis de me voir, que cela fait plaisir. Moi, reine de Kyo et plus jeune reine des 12 royaumes, suis enchantée d’être venue pour présenter Les ailes du destin, qui est le meilleur roman de la série.
Enki : Evidemment, tu es dessus!
Shusho : ce que tu es susceptible! Et en plus, tu es plus petit que moi! Gamin! Kirin raté!
(*Enki et Shusho se regardent méchamment en s’insultant poliment alors que Rakushun essaie de les séparer, Kyoki est tout gêné, Yoko se bouche les oreilles, Keiki fait mine de fuir et Shoryu débouche une bouteille de saké en rigolant*)
Bon, je crois que sera tout pour aujourd’hui! C’était Bridget Jones, à vous les studios! »

Après l’interview assez partielle et partiale des personnages du roman (si vous avez tout compris, vous êtes assez forts), passons donc à l’anime qui en est adapté, sorti en France chez Kaze à des prix assez prohibitifs (60 euros pour 13 épisodes alors que la série en compte 40, je trouve que c’est limite de l’arnaque mais bon), mais la série vaut vraiment le coup.
Comme on pouvait s’y attendre, l’anime est un peu différent de l’œuvre originale. Déjà, la série comprend seulement quatre arcs, qui reprennent les romans suivants : La mer de l’ombre (1er roman) pour le premier arc, Le rivage du labyrinthe (2ème roman) et je suppose un peu de Mashou no ko pour le second arc, le troisième arc reprend intégralement Le vent de l’infini (le 4ème roman, mon préféré) et le quatrième arc reprend un bout de La majesté des mers (le 3ème roman). Elle se permet des digressions pour faire allusion aux romans qui n’ont pas été adaptés, et deux personnages ont été ajoutés au début du premier arc : un ami d’enfance de Yoko et une fille de sa classe. Ces deux personnages prendront de l’importance dans la suite de l’histoire dans le monde des 12 royaumes, dans les arcs concernant Yoko et font légèrement diverger le récit. A cet égard, les sept premiers épisodes de la série sont tout simplement sublimes par rapport à leur équivalent papier, car les deux personnages rajoutés sont loin d’être des potiches et renforcent l’intérêt dramatique.
Néanmoins, la série animée conserve une grosse majorité de la série de romans. L’histoire est toujours aussi géniale, que ce soit en bouquin ou en anime, même si j’ai une grosse préférence pour l’anime notamment à cause des doubleurs… En VO, la voix de l’esprit-singe de l’épée de Yoko est tout simplement à tomber par terre tellement elle est géniale et perverse ; celle de Rakushun est trop mignonne et la doubleuse de Yoko s’est vraiment surpassée pour arriver à changer autant de timbre de voix depuis le début de l’anime, en passant par divers états paranoïaques de l’héroïne.
De plus, l’ambiance chinoise de la série originale est parfaitement respectée : les habits, bâtiments, paysages font penser à la campagne et à la ville chinoise traditionnelle. Cet aspect chinoisant est mis en valeur par la musique de la série créée par Kunihiko Ryô (il a bien fait d’arrêter ses études de médecine), vraiment sublime à écouter, que je conseille à tout personne cherchant une bonne OST d’anime (c’est sorti en France sous le label Wasabi : on peut maintenant trouver les 2 OST pour pas trop cher, dépêchez-vous!).
Le design assez particulier des personnages créé par Akihiro Yamada a été respecté dans son ensemble, donnant des personnages très différents les uns des autres et faciles à reconnaître, ce qui facilite la compréhension d’un anime un peu délicat sur le point des titres honorifiques et les mots de vocabulaire spécifiques à l’univers (j’imagine même pas la bouillie que ça aurait donné si les dessinateurs avaient opté pour un design plus passe-partout et peu différencié, il y aurait sans doute eu des morts). La société des 12 royaumes étant féodale, il était nécessaire de conserver tous les titres honorifiques, noms de charge, surnoms, etc des personnages, en plus des noms spécifiques à l’administration (et les autres…). Si on s’y perd facilement dans les romans (d’ailleurs le lexique en fin de volume aide pas mal), les créateurs de la série ont réussi à synthétiser et à rendre le système administratif assez clair pour que le spectateur s’y retrouve.
En bref, une bonne série de romans pour un excellent anime avec une OST qui s’est classée immédiatement parmi mes préférées. J’aime aussi particulièrement cette série grâce à son héroïne qui a su sortir de son carcan de fille japonaise parfaite, s’adapter et devenir une vraie femme de pouvoir qui affronte les problèmes de face et ne se cherche pas de justifications pour éviter les ennuis, mais garde tout de même une part d’humanité. Car quand on a des responsabilités dans le monde des 12 royaumes, on ne larmoie pas. On garde la tête haute et on continue à avancer, sinon l’oubli vous engloutit.
Oh, et puis Rakushun, quoi.
Les gens qui traînent un peu depuis un moment sur mon blogue (et ceux qui discutent un peu avec moi sur irc) le savent, j’ai des tendances féministes qui s’assument pleinement et sont fières d’exister. Oh, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas déclarer que les hômes c’est le mâle (elle est nulle je sais) parce que mon zhom je le garde et je le câline vu qu’il me le rend bien, ni cramer mon soutif : il est joli, m’a coûté la peau du c** et en plus j’en ai besoin pour garder mes seins fermes jusqu’à mes 110 ans, sans effet gant de toilette. (En aparté, je sais pas si vous avez vu, mais les prix des soutifs de marque ont allègrement augmenté, c’est un scandale! Jvais pas non plus commencer à me fournir à H&M, vu la qualité de leurs culottes, je me ferais arnaquer comme au coin d’un bois.)
De par ma nature féminine (ahem *tousse*), je suis amenée à lire régulièrement des trucs appelés « magazines féminins », dont au hasard Elle, Glamour, Biba, etc. Tout en reconnaissant leurs qualités distrayantes pour les neurones (quand on regarde une belle paire de chaussures de ce genre de magazines, on oublie qu’on est au chômedu et quand on cache le prix ça fait du rêve à pas cher. Mais quand le mag’ lui-même n’indique pas le prix, c’est en général parce que celui-ci flirte avec les trois zéros AVANT la virgule. Et n’a pas besoin des 99 centimes derrière pour paraître moins cher.), on peut sans crainte affirmer que le contenu rédactionnel est très faiblard, voire insultant pour nos neurones : en bref, en général saidlamerde, surtout sur les pages « sexo » et « vie de couple », parfois abominables tant certains de leurs conseils sont à côté de la plaque.
Sauf le Glamour du mois dernier, parce qu’il a fait un article que je n’aurais jamais cru voir sur ce genre de magazine : ça dit enfin que les lectrices en ont marre des mannequins de 12 ans avec un corps de frite et que contrairement à ce que dit un monsieur nommé Karl Lagerfeld, voir des gens qui ressemblent aux lectrices « normales » (soit ne faisant pas du 34 pour 1m80) en couv’ des magazines, ça fait nettement moins stresser sur son propre poids de lectrice complexée. Je parle de la lectrice normale, hein, parce que perso, les régimes minceur, je m’en tamponne le coquillard. Mais voir Lizzie Miller faire des photos pour Glamour USA et susciter autant de réactions positives alors que le modèle n’a pas tout à fait les formes d’un mannequin, ça fait énormément plaisir. Si ça se trouve, les bonnes résolutions ne tiendront que 2 mois, puis tout redeviendra comme avant : mannequins anorexiques, fringues trop chères que même si tu te cotises pendant 1 an tu ne pourras pas te les payer, véhiculage de clichés en nombre important et absence de vrais sujets importants de fond touchant la femme moderne ; mais tout peut aussi changer, on verra bien. Brigitte s’y attelle déjà (pour ceux qui ne lisent pas l’allemand, le titre veut dire « sans top-models : les premiers shootings »).
Et puis je suis tombée par hasard sur Causette et ce qui m’a semblé être au départ un magazine féminin de plus. Eh ben je me suis trompée (hihihi) : Causette, magazine « plus féminin(e) du cerveau que du capiton » en référence aux mags habituels, est un vrai magazine de fille. Qui parle de choses de filles, mais de vrais débats et de vrais problèmes, sans prendre la lectrice pour une neuneu. J’ai découvert le magazine cet été, alors que je squattais de façon un peu crevarde chez un copain, avec le n°2 du magazine laissé sur une table par une de ses colocataires. Ce numéro était consacré à la contraception et tout ce qui gravite autour (planning familial, avortement…), eh ben j’ai appris des trucs vraiment utiles, autres que l’habituel « mon copain a déchiré son préservatif et je ne prends pas la pilule, suis-je enceinte? » avant de passer à la dernière crème hors de prix qui te fera rajeunir en 30 jours top chrono parce qu’il faut bien rentabiliser les pages.
Enfin un magazine qui ne lie pas sexualité avec bébé (et ne fait pas culpabiliser parce que tu n’en veux pas alors que t’as déjà 30 ans, au contraire), poils et épilation totale, « conseils beauté » et marketing parce qu’il n’y en a pas. Pas de publicité déguisée sous les articles (y’en a pas), pas de star qui vante tel parfum ou déo à bille, pas de recettes popotte (marrant, la femme moderne porte souvent de vieux relents de l’ancienne), pas de diktat sur la position sexuelle du moment (wi, vous ne rêvez pas, ça existe), ni le maquillage/fringues/shoes à porter sinon t’es total has-been et bonne pour la casse. Cherchez pas, y’a pas.
A la place, et jusqu’à décembre, le numéro 5 du magazine est consacré au féminisme d’aujourd’hui, en abordant le problème sous plusieurs angles de vue, toujours très intéressants même si je ne suis pas toujours d’accord avec les opinions présentées. Je regrette également que le magazine ne parle pas plus du mouvement masculiniste et ne fasse pas de petite chronologie non détaillée des mouvements féministes pour les débutantes ignares comme moi qui ont un peu de mal à s’y retrouver, mais le dossier principal présente une excellente ébauche de recherche pour qui veut appréhender le débat dans sa complexité et sa globalité.
Bref, Causette c’est d’la balle et constitue le premier magazine ciblant les femmes valant son prix (4.90 euros) et auquel j’ai envie de m’abonner. Continuez, filles et gars, vous faites du bon boulot. Même l’horoscope, seul vestige du mag’ de fille vaut le détour, c’est dire.
Un manga de Modoru Motoni va enfin sortir en France et s’appelle Dog Style. Je ne l’ai pas lu, mais apparemment il n’est pas dans la mouvance « morbide » de l’auteur ; si c’est vrai, ça change de Rika et ses personnages lycéens accros aux viols et à la torture physique et mentale (sisi ^^). J’aime beaucoup le style graphique de l’auteur, surtout sa maîtrise du noir et blanc.
En parallèle, plusieurs manga issus du BexBoy mag vont sortir en volumes reliés, dont Silent love, mon petit préféré. En parallèle, de nouvelles séries vont arriver dans le magazine, quasiment toutes très récentes.
Youpie, hein? :3
Natsuki Sumeragi (son nom me fait penser à un personnage de Please save my Earth x3) est une mangaka qui n’est pas très connue en France, mais la plupart de ses œuvres ont bénéficié d’une traduction et d’une édition groupée chez Akata en 2007 et 2008 ; l’éditeur avait parlé d’un « coup de coeur ». Comme beaucoup d’auteurs, on ne sait pas grand-chose sur elle, mis à part qu’elle serait née en 1967 et qu’elle aime beaucoup les vieilles légendes asiatiques, en particulier chinoises. Elle excelle dans les histoires courtes, assez mélancoliques, décrivant des histoires d’amour à priori impossibles, dans un Japon ou une Chine antiques. Son dessin, très précis, fin et élégant (nan, je n’ai pas copié sur une brochure qui vante les mérites de l’auteur), met bien en valeur les récits qu’elle met en scène, sans surcharger les pages, avec un souci du détail qui frise la perfection. En bref, c’est un vrai bonheur pour les yeux de lire ses œuvres, qui sont exceptionnelles au regard de la production shojo actuelle.
Le premier ouvrage à être paru en France fut La voix des fleurs, un recueil de nouvelles de jeunesse, qui inclut sa première histoire courte, Le sanctuaire de la femme serpent, dont l’action se déroule dans le Japon médiéval. Le reste de l’œuvre est plutôt centré sur la Chine, avec trois histoires d’amour entre humains et esprits tantôt gaies, tantôt tristes et tragiques. Le titre est inspiré de la première histoire, La pivoine enchantée, qui raconte l’histoire d’amour entre un humain et une pivoine qui aime bien boire, en réalité un esprit des fleurs qui peut prendre la forme d’une très belle femme. Ce recueil est assez léger dans son ensemble, mais je n’ai aimé que deux de ces histoires sur les quatre proposées : l’une était trop brouillonne et l’autre, Le sanctuaire de la femme serpent, beaucoup trop glauque à mon goût : je n’aime pas les histoires d’inceste entre frère et sœur, même involontaires.
Nous retrouvons toutefois les deux amoureux de pivoines dans Un destin clément, autre recueil de nouvelles plus récent et graphiquement plus abouti, avec des histoires « typiquement » chinoises où les fleurs, notamment les pivoines, sont encore très présentes. Ce manga se trouve plus dans le conte de fées chinois que le premier et Romance d’outre-tombe, où les histoires japonaises morbides contrastent avec les histoires chinoises féériques. Les quatre histoires contenues dans l’œuvre sont toutes aussi magnifiques les unes que les autres, mais j’aime plus particulièrement Le fou des fleurs et La renarde maléfique, que je trouve graphiquement plus aboutis (d’ailleurs les deux images illustrant cet article sont issues de Le fou de fleurs).
Romance d’outre-tombe est un autre recueil de nouvelles, paru au Japon chronologiquement après La voix des fleurs, qui met aussi en scène deux histoires concernant le Japon médiéval, empreintes comme dans Le sanctuaire de la femme serpent d’un côté fantastique et mortifère qui plaira aux amateurs du genre. Leur deuxième exception est que ce ne sont pas à proprement parler des histoires d’amour, mais plutôt de vengeance d’esprits maléfiques. La dernière nouvelle, qui se situe en Chine, contrebalance le côté étrange et mortel des deux premières histoires courtes, même si l’auteur dessine encore une histoire d’amour impossible.
Intrigues au pays du Matin Calme est mon recueil d’histoires préféré, et de loin. Comme le titre du recueil l’indique, la plupart des histoires se déroulent en Corée, où nous attend un angyo-onshi (:3), un inspecteur du roi, qui parcourt le pays pour faire respecter les lois. Il est le sujet et spectateur des trois premières histoires (toujours d’amours impossibles, mais qu’est-ce que c’est bon) et nous apprenons dans la troisième son terrible secret… La quatrième et dernière histoire se passant en Chine nous apprend qu’il ne faut pas, surtout pas jouer avec un fantôme de jeune fille qui a juré de se venger d’un amant indélicat.
J’ai moins aimé Pékin, années folles, qui est la seule série de nouvelles (2 volumes) de Natsuki Sumeragi à être sortie en France. Ces nouvelles, assez différentes les unes des autres mais tournant encore autour du thème de l’amour, ont toutes comme point commun de se situer au début du 20ème siècle en Chine, à Pékin. J’ai moins apprécié les histoires, parce qu’elles sont plus réalistes et ne possèdent pas la magie de ses autres œuvres. En même temps, j’apprécie fortement les histoires fantastiques chinoises écrites par Natsuki Sumeragi…
Sous la bannière de la liberté est la dernière œuvre de l’auteur à être traduite en France, mais je n’ai pas trop aimé ce manga que j’ai trouvé fade et un peu artificiel. Malheureusement, je n’ai pas pu le relire pour décrire son contenu, je pense qu’il doit être dans un carton bien rangé, trop bien rangé même
(hahaha pour un article sur les œuvres d’un auteur, je fail un peu là)
Akata a eu décidément une bonne idée en traduisant Natsuki Sumeragi, car je n’avais jamais entendu parler d’elle auparavant ni sur Internet, ni sur aucun autre support d’information et j’aurais manqué une dessinatrice pleine de talent qui éblouit à chaque page. Ce que je trouve par contre dommage est la faiblesse du scénario de certaines de ses nouvelles, qui sont parfois redondantes. Elle est assi créditée pour sa participation à un recueil de comics sur Spider-man et autres héros Marvel, mais je ne sais pas trop si il s’agit bien d’elle, Marvel et ses héros sont un monde bien éloigné de ses thèmes de prédilection…
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(Attention, dans cet article, je me considère comme faisant partie de la communauté otaque.)
Aaaaaah, quelle joie ces derniers temps de lire la presse française qui parle du Japon! Outre le merveilleux article de Libé évoqué dans l’article d’Amana précédemment chroniqué ici, je viens de me procurer un exemplaire du Le Monde magazine n°5 du samedi 17 octobre 2009, gardé de côté par ma mamie et rapatrié par mes parents de leur séjour chez mes grands-parents le week-end dernier. Soit dit en passant, elle roxe ma mamie, parce qu’elle garde plein de petites coupures des journaux du Monde qui peuvent m’intéresser depuis des années (et sur ce point elle est mieux que la meilleure des meilleures revues de presse), et elle a eu ses 82 ans en début de mois. Joyeux anniv’, mamie.
Le Monde magazine du 17 octobre (je sais, ça fait déjà 3 semaines qu’il est sorti) fait sa couverture sur un(e) japonais(e) en cosplay et continue en page 22 sur un article très long de 8 pages abondamment illustré sur la « Japan mania » et toute « une génération qui préfère Dragon Ball à Mickey ». Bon, déjà je ne vois pas l’incompatibilité première entre Dragon Ball et Mickey, on peut très bien aimer les deux. Bref.

Et puis j’ai lu l’article et je l’ai détesté. Encore une fois, on nous prend pour des cons et des attardés mentaux. Donc, cher lecteur ayant par hasard atterri sur mon modeste blogue, l’article que tu vas lire est une grande tirade haineuse qui exprime tout le fiel que j’ai accumulé à l’encontre des pseudo-journalistes qui croient faire des articles à sensation sur le Japon et plus particulièrement le manga, l’anime et les otaques (français mais c’est pas grave). Toutefois, cher lecteur anonyme et bienveillant, ne pars pas tout de suite, je t’assure que je suis très gentille et que je ne mords que rarement en vrai.
Mais quel est le fond de cet article? Sur la couverture, en-dessous du titre en rouge, il est possible de lire « comment la pop culture japonaise a conquis la France ». Là, je me suis dit que c’était déjà mal parti. Car devant un vrai sujet de fond, c’est à dire l’exportation massive par le Japon et ses entreprises elles-mêmes de produits culturels de plus en plus variés, qui est très rarement abordé dans la presse française (qui préfère se branler sa petite nouille en parlant des (rares) japonais attirés par la France, tellement plus pratique et simple à investiguer), se promène en espèce de gros marronnier un sujet bien bateau : les français attirés par la culture « mangasse ».
En ouvrant le mag pour aller à la première page de l’article, mes craintes ont été confirmées : grosse photo de cosplayeurs en costumes D Gray-man, je sens la grosse bouse bien puante et collante arriver. Qui se manifeste d’ailleurs dès la première ligne : « La jeune fille à l’ombrelle conquérante (olole, une ombrelle Napoléon) marche d’un bon pas sur le boulevard ensoleillé ». Ça, ça sent à plein nez le journalisme d’investigation. Le vrai, l’unique, le journaliste de terrain (qui est une femme). Qui, dès le premier paragraphe, décrit des cosplayers dans un style tellement méprisant qu’il n’y a même pas besoin de lire la suite pour savoir que la rédactrice n’aime pas le cosplay : le passage « lui s’est glissé dans une combinaison de style indéterminé, mi-astronaute, mi-sac poubelle » est à cet égard très révélateur. Et en tant que cosplayeuse (feignasse), je me sens un peu vexée, il faut bien dire.
Passons. La journaliste, comme nous les découvrons dans le paragraphe d’après, se rend tout simplement à la convention Epitanime, qualifiée de « monde parallèle ». Parce que ouais, le « mangasse », c’est un monde « qui se présente sous la forme d’un iceberg », dont la partie émergée est le fameux manga, qui oh bizarre fait fureur chez les enfants. Hé mais, attends, là, on était à Epitanime et après on nous parle d’enfants et de dragon ball? Olole, encore une fois, le journaleux français est pris à son péché mignon : décrire EN PLEIN ARTICLE ce qu’est un mangasse. Il ne PEUT PAS s’en empêcher, c’est dans ses gènes : IL DOIT dénoncer le mangasse qui est dangereux parce qu’il est PARTOUT. En n’oubliant pas, bien sûr, de dire combien le marché du mangasse fait mal à la bédé franco-belge, hein, pour peu on parlerait aussi de la délocalisation des industries textiles en Chine, parce que c’est à côté.
D’autant plus que « les héros de papier n’hésitent pas à sortir de leurs cases : leurs fans les retrouvent sous forme de dessins animés, de films, de figurines et autres produits dérivés »…. ATTENTION! ILS VONT NOUS ENVAHIR! Même la musique jap déferle chez nous, il faut dire : les majors françaises du disque vont disparaître sous la montagne de tubes japonais passant à la radio. Mais qui est franchement capable de sortir plus d’un label de disques japonais sortant en France? Et putain, elle parle même de Ball jointed dolls (BJD) ; genre, olole, les filles rejouent à la poupée japonaise, parce que ça fait plus classe que la Barbie (à 200 euros la BJD, hein.). Et notre journaleuse trouve dans le même paragraphe de 6 lignes de quoi caser Hello Kitty, Kenzo, Fructis, les futons, Pokémon, Epitanime et les sushis. Bon palmarès, j’applaudis des deux moignons.
Bref, nous revenons dans la partie suivante au compte-rendu d’Epitanime, dans la joie et la bonne humeur, écrit par une journaliste qui n’aime apparemment pas le manga, trouve très marrant de parodier la culture japonaise dans ses propos et n’a pas du tout envie d’écrire son article de façon objective. Car décrire le parking souterrain d’Epitanime comme « un supermarché du manga, très fourni » « pour trois jours », c’est soit se foutre de la gueule du monde, soit avoir confondu avec Japan Expo, soit ne pas avoir dépassé l’entrée dudit « supermarché ». Parce que ce n’est pas un supermarché contrairement à la Japan Expo (ou alors un tout piti, une supérette tout au plus), que les ventes n’ont lieu que sur 2 journées (samedi journée et dimanche) et que le fanzine qui occupe pas mal de place, relégué cette année au fond du parking, n’est pas de l’officiel. Nous embrayons ensuite avec une interview du chef de l’organisation de la convention en 2 lignes, puis sur le « phénomène » des fans vieillissants, qui ont grandi avec… Le Club’ Do. AYE, CIBLE VERROUILLEE, on est en terrain connu. Putain, que c’était long à venir, n’empêche, presque 3 pages de blabla sans évoquer notre brave vieille Dorothée, si reconnaissable et si… française, au milieu de tant de séries japonaises étrangères. Dorothée, qui a favorisé la reconnaissance de Miyazaki et est à l’origine du boom du manga, ainsi que l’arrêt du génocide des bébés phoques. Ouais, ça en fait des lauriers, hein. Et au passage, on en rajoute une couche sur les enfants de la génération Club’ Do qui n’ont jamais su grandir, ça fait toujours plaisir. Enfin, je ne me sens pas concernée, je n’avais pas la télé quand j’étais petite, alors le Club Do’, olole, je ne connaissais pas et ça ne m’a pas empêchée de tomber dans la marmite.
Reviendus à Epitanime, on passe au cosplay, « légèrement vêtue forcément » pour la fille qui se présente sur l’estrade, avant le karaoke et ses participants qui « chantent ‘en yaourt’ extrême-oriental ». C’est finalement assez pour Epitanime, qui en ressort pas très grandie, avec un compte-rendu très partiel et partial. Mais bon, on a l’habitude.
On passe ensuite à une partie plus intéressante de l’article : des chiffres de ventes! Des dates! Des raisons enfin objectives du succès du manga! Après 4 pages de niaiseries gluantes, ça fait du bien…. Interview de Jacques Glénat et de Jean-Marie Bouissou, évocation du réseau Manga Network et des résultats d’une enquête sur les publics de lecteurs de manga. Bon, on y est à peu près, l’article démarre, l’auteur est un peu moins narquois et évoque même la Japan Expo sans s’en moquer comme il l’a fait pour Epitanime…. Un peu comme si Epitanime était une petite soeur un peu crade et honteuse de Japex, on croit rêver. On passe à un aspect plus lisse et commercial, évoquant les éditeurs français de manga et magazines, les relations du mouvement manga avec le monde du musée, les échanges commerciaux avec le Japon. Parfois sans aucune nuance, sans aucun recul : comment parler de Japex sans parler un minimum de la portée commerciale de l’évènement?
Et là, c’est le drame : au pénultième paragraphe de l’article, le journaliste aborde enfin le sujet de fond : comment les japonais reprennent peu à peu la main sur les exportations de manga, animes et prennent conscience de leur pouvoir de séduction, le « soft power » japonais (le rachat de Kaze est un bon exemple), mais trop tard, l’article est fini…
Il aura fallu quatre pages de ce que le journalisme a de pire dans le bouseux et l’immonde pour arriver enfin à exprimer, dans les pages restantes, un peu du haut de l’iceberg du marché du manga, qui n’a pas beaucoup de rapport avec celui que décrivait le journaliste, qui selon moi a complètement raté son article et aura fait en prime passer les otaku pour de gros gosses incapables de grandir, niais et attardés mentaux. Je hais cet article, qui m’a pourtant appris 2-3 choses, parce qu’il me prend pour de la merde. Je hais cet article parce qu’il n’a aucun recul. Je hais cet article car il n’a que trop tard perçu le vrai fond du problème. Et je hais tous les autres articles qui l’ont précédé, comme ceux qui le suivront, parce qu’ils referont les mêmes fautes et les mêmes erreurs.
Et bordel, que « mangas » est moche comme pluriel.
Classé dans : Anime, viepriveedeTata.com | Mots-clefs: archives, Pale cocoon
Je suis une archiviste au chômage (ça sonne bien hein? A l’ANPE, j’arrive aussi à les impressionner. Surtout quand je leur apprends ce qu’on fait dans mon métier).
La vie est dure, ma foi.
Il y a de gros moments où je me dis que j’ai foiré mes études, ma voie, que je me suis engagée dans un truc complètment à côté de la plaque, irréaliste, utopique dans une société capitaliste qui n’a rien à branler d’archives inutiles et encombrantes.
J’ai depuis regardé Pale Cocoon, et je me suis rappelé pourquoi j’ai choisi de consacrer ma vie aux archives.
Sinon, j’ai la crève.
(ouais, j’en ferai un article bientôt. Si j’arrive à ben cerner les contours de mon article.)
PS : Depuis ce matin 9 novembre, jour de destruction de mur symbolique, je n’ai plus de grotte dans ma chambre. Finis les ploc-ploc dans le seau stratégiquement placé dans un coin de ma penderie à chaque averse, je passerai un hiver au sec et sans moisissures! J’en deviendrais presque nostalgique…



